Année 1914

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Année 1914 2018-03-22T18:43:20+00:00

Vie paroissiale

À l’évêché nous retrouvons Mgr Larocque, notre évêque et son bras droit Mgr C.E. Tanguay et J.H. Beaudry, chancelier de l’évêché. Dans notre paroisse St-Janvier, J.A. Lefebvre est curé. Dans les différentes paroisses voisines, voici les prêtres qui y sont assignés, les abbés P. Brassard, curé de Wotton; J.A. Plamondon, curé d’East Angus; J.A. Hamel, curé de Disraeli; Az. Couillard-Després, de St-Athanase d’Iberville; A. Côté, de Martinville; C.J. Roy, de St-Gérard; D. Bernier, de Stratford; W.Larue, de Dudswell; J.E. Raymond, d’Ascot Corner; B. Couillard, de Notre-Dame-de-Ham; A. Lemay, de St-Adrien; T. Couture, de Capelton et ancien vicaire de Weedon; P. Lajat, de St-Raymond-de-Pennafort; H. Ravenel, de Ham Sud; S.G. Asselin et E. Parent, les deux de l’évêché; O. Huard, vicaire de Weedon; P.Pilette, de Coaticook; A. Turcotte, de Sherbrooke-Est; A. Benoît, vicaire de Wotton; J. Gauthier, de Note-Dame de Sherbrooke; R. Desnoyers, d’East Angus; A. Roy, de Bromptonville; L. Lemay, de Saint-Laurent; E. Gauthier et E. Têtu, ses confrères du Séminaire de Sherbrooke.

L’abbé Félix Després avait été nommé vicaire de Wotton à ses débuts pour quelques mois et, dû à sa santé, il avait été dans le diocèse de St-Hyacinthe avec Mgr Langevin.

Monsieur l’abbé Lefebvre, curé de la paroisse St-Janvier, a fait rapport pour l’année 1913. 103 baptêmes, 14 mariages et 36 sépultures ont été célébrés au cours de l’an passé. Le vicaire de la paroisse était l’abbé Huard.

La nouvelle paroisse de St-Raymond-de-Pennafort vient d’être formée officiellement. Dans la paroisse St-Janvier, messieurs Narcisse Turcotte et Louis Brunelle ont remplacé Hypolite Lussier qui fait partie de la nouvelle paroisse et Saül Delude.

Au début de mars 1914, Sa Grandeur Monseigneur Paul Larocque, évêque, a reçu une requête de la part de paroissiens de la paroisse St-Janvier de Weedon. Monseigneur Chalifoux est reçu à Weedon dans la salle Lemay où cette lettre a été lue et dont les signataires ont été divulgués devant les quelque trois cents personnes présentes. À la suite de cette lecture, une personne a retiré sa signature, mais quatre nouvelles se sont ajoutées. Chaque personne a été invitée à parler en faveur ou contre le projet de déménager l’église et le presbytère près du couvent des religieuses de la Présentation de Marie.

Par la suite, Monseigneur Chalifoux a examiné les deux terrains où devra être construite la future église près du couvent. Ce délégué de l’évêché fixa l’emplacement du futur édifice religieux sur le terrain de monsieur Pierre Fortin à cent pieds du chemin déjà existant. Des rues de soixante-six pieds étaient prévues, d’abord entre le couvent et le futur temple, puis entre le terrain de l’église et la maison de monsieur Dominique Gosselin qui était en face. On parlait aussi d’une troisième rue en arrière de l’église qui partirait de la station près de Jean-Baptiste Lisay qui se rendrait au terrain de Dorais. Les projets ne s’arrêtaient pas là. Une quatrième rue partirait du couvent et longerait le cordon entre les terres de Pierre Fortin, Dorais, William Galipeau, Damien Després, Léger Giguère et Johnny Lefebvre et se rendrait possiblement à la route chez Stanislas Fontaine. Cette dernière était en fait la future route 1 que l’on connaît aujourd’hui.

On prévoyait ainsi une augmentation de la population de Weedon-Station grâce à la construction et au déménagement de beaucoup de maisons. Des trottoirs seraient construits jusqu’au site de l’église actuelle avant son déménagement.

Finalement, lors de la dernière assemblée de paroissiens et des marguilliers de la paroisse, il a été décidé de transporter l’église, le presbytère et les dépendances à la Station près du couvent et de déléguer monsieur le curé Lefebvre à acheter un lopin de terre de monsieur Pierre Fortin, de donner l’entreprise en transport de l’établissement religieux et d’emprunter la somme de 15 000 $ pour couvrir les différentes dépenses à faire. Le 3 mai, monsieur le curé de Weedon a effectivement acheté un lopin de terre de monsieur Pierre Fortin de 300 pieds de largeur par 300 pieds de profondeur. Le contrat fut signé chez le notaire J.-H. Bourget. Les personnes qui aurait de l’argent à prêter à la fabrique sont invitées par le curé de la paroisse St-Janvier d’aller le voir. Plusieurs transactions désirées ont déjà été effectuées.

En 1914, Mlle Lamontagne est la servante au presbytère de St-Gérard.

Au mois de mai, monsieur le curé a fait connaître quelques statistiques concernant la paroisse St-Janvier pour l’année se terminant le 1er janvier 1914. On y dénombre 208 familles, 1 162 communiants, 464 non-communiants, 1 626 âmes.

Vers la mi-juillet, l’abbé Charles Roy, curé de la paroisse St-Gérard, accompagnera Mgr Larocque pour un voyage à Rome. Les paroissiens leur souhaitent un heureux voyage.

Le contrat du transport de l’église St-Janvier à la station a été accordé à monsieur Pierre Trahan de St-Jean d’Iberville. Les travaux ont commencé le 1er juillet. Quinze hommes y ont travaillé à enlever les 20 000 briques qui sont déjà rendues près du couvent à la date 11 juillet. Des briques neuves combleront celles qui manqueront. Mercredi le 15 juillet, une dernière messe sera chantée dans l’église à l’occasion du départ de celle-ci qui se fera entre le 15 et le 20 juillet. Durant le trajet, il est promis qu’aucun changement ne surviendra. Offices, grands-messes du dimanche, services et mariages auront lieu dans l’église durant son transport. Les cloches sonneront comme si l’édifice était à sa place.

Un retard est survenu dans le transport de l’église. En effet, un wagon de pin rouge, venant de Jacksonville Mississippi et chargé de 43 morceaux de 53 pieds de long, a été arrêté aux douanes de Lévis le 14 juillet. Pendant ces dix jours de retard, le déplacement de la sacristie a été entrepris à l’avance. Elle était au beau milieu du champ le 26 juillet alors que le solage de la future église était prêt à recevoir l’imposant édifice. Il est donc prévu que le transport du presbytère viendra en dernier lieu.

À la fin du mois de juillet, deux religieuses de la Charité de l’hôpital St-Vincent de Paul de Sherbrooke sont venues solliciter la population des paroisses St-Janvier et de St-Gérard pour les besoins de leur institution charitable.

Le 5 août, la sacristie est rendue à sa destination près du couvent des religieuses. Cinq jours ont été nécessaires pour la transporter.

Puis, quinze hommes ont préparé le matériel pour entreprendre le transport de l’église. Le 6 août à 10 heures, cet édifice qui a été construit en 1880 laissait son site original pour entreprendre les quinze arpents à franchir. À l’endroit abandonné par cet édifice, ce n’est plus que tristesse, terrain bouleversé par les travailleurs et des roches ici et là. Deux tombeaux existaient sous les voûtes du temple religieux : celui de monsieur l’abbé Adolphe Barolet et celui de Dame Napoléon Demers, mère de l’épouse de notre député provincial, monsieur Napoléon Tanguay. Les restes de l’abbé Barolet seront transportés sous le choeur de la future église. Ceux de dame Demers resteront là où ils étaient puisque l’emplacement de l’ancienne église servira de cimetière.

Lors du départ, le clocher penche de près de cinq pieds. Il faut prendre de nombreuses précautions. L’entrepreneur prévoit réaliser trois arpents par jour. Des employés compétents et expérimentés viennent de St-Jean et d’Iberville pour ce travail délicat. Il est décidé qu’au cours de la semaine, les offices auront lieu dans la salle publique; par contre, le dimanche, tout se fera dans l’église surélevée sur ses poutres de pin.

Le 9 août, les offices du dimanche ont eu lieu dans l’église alors qu’elle était en plein champ, une partie sur le terrain de monsieur Édouard Gamache et l’autre sur celui de monsieur Jean-Baptiste Caron, rentier. Il y avait grande foule ce dimanche dans l’église. À cause de la pente considérable du lieu où se trouvait l’édifice, plusieurs personnes furent atteintes du mal de mer puisqu’il nous semblait avoir l’effet d’être sur un bateau voguant sur la mer et balloté par les vagues. Le lendemain, l’entrepreneur a pu faire avancer de deux arpents et demi dans la journée sur le terrain de monsieur Caron puis de monsieur Léger Giguère. Le dimanche suivant 16 août, l’église s’est arrêtée en partie sur le terrain de William Galipeau, une autre partie sur celui de Arthur Dansereau et une troisième sur le terrain de Pierre Fortin. La grand-messe fut chantée par l’abbé Huard, vicaire. Le local était rempli à craquer. Beaucoup d’étrangers! L’église était suspendue sur une hauteur de dix pieds. Toutefois, elle était moins penchée que le dimanche précédent; moins de personnes se sont dites indisposées. Pierre Trahan, entrepreneur, a tenu à être présent avec son épouse avant que l’église arrive sur ses nouveaux fondements. Depuis les débuts, c’est son frère Ovila qui conduisait les travaux, et ce, d’une façon très habile. Encore quelques pas seulement et l’église sera sur son site. L’entrepreneur espérait qu’elle serait sur son solage mardi 18 août.

Il faut ajouter que c’était la deuxième église qui était transportée dans le diocèse de Sherbrooke. En 1880, l’église de St-Camille de Cookshire était transportée sur une distance de plusieurs arpents. L’entrepreneur était le père de Pierre et Ovila Trahan de St-Jean d’Iberville qui, à 94 ans, aurait bien aimé voir les travaux de son fils.

À la fin de toutes ces réalisations gigantesques, l’architecte N. Audet de Sherbrooke, qui avait la surveillance de ces travaux de déménagement et d’installation, s’est montré émerveillé de tout ce qui avait été fait en si peu de temps. Il a constaté qu’il ne restait que quelques détails à fignoler pour finaliser les travaux.

L’histoire nous apprend que cette église avait été bâtie par l’abbé Barolet, 34 ans auparavant. Lors de son érection en 1880, ce temple catholique était le seul depuis Sherbrooke jusqu’à Coleraine. Depuis cette année-là, neuf églises paroissiales ont été construites au cours de ces décennies, dont trois d’entre elles, sur le territoire même de la paroisse originale de St-Janvier. Il n’y avait pas d’église St-Jean-Baptiste de Sherbrooke, ni de St-Stanislas d’Ascot, ni d’Angus, ni de St-Adolphe, ni de St-Gérard, ni de St-Raymond, ni de Ste-Marguerite, ni de Garthby, ni de Ste-Luce de Disraeli.

Pendant ces travaux peu ordinaires, plusieurs prêtres, curieux de voir l’ampleur et la complexité de ce projet, sont venus visiter ces changements en cours.

Il est écrit que cet édifice paraissait très bien sur son nouveau site et était vu de très loin. Même les gens qui ne croyaient pas à ce changement étaient contents des résultats.

Il nous est annoncé que le départ du presbytère a eu lieu le 8 septembre en début d’après-midi. Le 9 septembre, il est en plein champ. C’était triste de voir l’endroit où étaient les trois bâtisses. C’était une vraie désolation! Ce terrain bouleversé, ces roches répandues ici et là, les jeunes arbres qui étaient plantés en avant de l’église et du presbytère, tout était disparu. Il a fallu tout enlever ou couper pour passer ces grosses constructions. En plus, il y a la maison de monsieur Louis Patry qui est rendue sur son solage à la station et le magasin d’Édouard Gamache qui a été transporté par Edmond Morin. Le déménagement d’une autre maison, celle de monsieur Damase Galipeau, est donné à forfait à monsieur Morin. Six maisons auront été déménagées au cours de cette année 1914 dans le nouveau développement de Weedon-Station.

Le 14 septembre, le presbytère est rendu en arrière de l’église. Mercredi le 16 à 1 h 30, il sera sur son solage aux sons des cloches sous les regards et l’admiration de nombreux curieux. Les trois édifices seront donc réunis à nouveau. L’église sera lambrissée en briques neuves ainsi que la sacristie qui sera complètement réparée à l’intérieur vu que les murs n’ont pas tenu le coup durant le transport. L’intérieur de l’église sera aussi grandement réparé. En avant de l’édifice principal, deux pierres seront installées; l’une portera le chiffre 1880 qui est la date de construction dans ses lieux d’origine, et l’autre où on pouvait lire le chiffre 1914, année de son déménagement. La première existait déjà; l’autre sera donnée par l’entrepreneur, monsieur Pierre Trahan. La statue St-Janvier, de couleur dorée, sera installée dans sa niche au frontispice de l’église.

Le 18 septembre, cinq travaux majeurs sont en marche. Des ouvriers posent la brique de l’église. Une autre équipe travaille au solage; une autre, au presbytère. Une équipée de travaillants creuse un canal pour amener l’eau au presbytère et le cinquième groupe s’occupe du canal d’égouts. 43 travailleurs sont à l’oeuvre dans ce secteur sous les ordres de deux hommes, messieurs Ovila Trahan et W. Mailhot de St-Jean d’Iberville.

Durant le transport de l’église, il n’y a pas eu de sépulture dans notre paroisse ni d’adultes ni d’enfants et aucun mariage. Toutefois, depuis son installation, cinq sépultures d’enfants et trois mariages ont été célébrés au cours des semaines qui ont suivi.

Il est noté qu’aucun incident grave n’est survenu pendant ces travaux gigantesques. Seul monsieur Jean-Baptiste Caron, en examinant les câbles qui faisaient avancer le presbytère, a été frappé par un de ces câbles qui s’étaient échappés de ses attaches. Heureusement, il n’a subi aucune fracture. Il a été quitte pour de grandes souffrances à une jambe.

Les coûts de cette entreprise s’élèvent à 15 750 $. Ce montant comprend les 500 $ non prévus pour l’ajout du perron en béton avec ses cinq marches.

La chapelle de la station située dans le couvent a subi de grandes transformations au cours des dernières semaines du mois d’août. En effet, elle sera divisée en classes et en un petit oratoire pour l’usage de la communauté religieuse.

Samedi le 29 août 1914, a eu lieu dans l’église de Weedon, sur son nouveau site, le service pour le repos de l’âme du Pape Pie X qui venait de décéder après plus de onze ans de règne.

À la fin de décembre, monsieur le curé Lefebvre de Weedon a donné son rapport annuel. 315 familles vivent à Weedon dont 1 222 sont des communiants, 464 des non-communiants pour une population totale de 1684. 135 familles vivent à Weedon-Station, 134 en campagne, 28 dans le Vieux Village et 18 familles à l’ancien site de l’église. 58 personnes se sont ajoutées depuis le rapport 1913.

À l’arrivée de monsieur Lefebvre comme curé, la paroisse comprenait 481 familles et une population de 2 130 âmes. Depuis, trois paroisses se sont formées sur ce territoire, il s’agit de St-Gérard, St-Raymond et Ste-Marguerite.

Vie scolaire

Dans nos huit écoles, 225 garçons et 249 filles y reçoivent l’enseignement pour un total de 474 enfants. Au couvent tenu par dix religieuses de la Présentation de Marie, 240 enfants fréquentent l’institution scolaire. L’entrée des élèves a eu lieu au couvent le 1er septembre. Monsieur le curé a visité les six classes.

Monsieur Damien Després, malgré son jeune âge, est commissaire d’école dans la municipalité scolaire de Weedon-Centre.

En décembre 1914, la visite du curé a permis de constater que 493 enfants fréquentaient les écoles de la paroisse, dont 258 dans les maisons d’école situées en campagne et 235 au couvent de religieuses.

Vie municipale

En 1914, on identifiait un petit centre entre Weedon et Lingwick, au nom de Bouffard Hill. En fait, on reconnaît ces lieux par une côte assez abrupte avant la rivière Albion où la famille N. Bouffard était installée ainsi que le bureau de poste de ce secteur

Dans Weedon-Centre, messieurs Damien Després et Paul Péloquin ont été élus conseillers.

Dans le Canton de Weedon, messieurs Arthur Brunelle, Louis Brunelle et Jean.-Baptiste Picard ont été choisis pour devenir conseillers.

Dans Lac Weedon, monsieur Adolphe Lussier est réélu à son poste pour la quatrième année. Aux deux autres postes vacants, messieurs Fred Fontaine et Philippe Galipeau remplacent messieurs Säul Delude et Paul Côté.

Au mois de juin, les autos circulent beaucoup trop vite dans notre petit village, notre Chambre de Commerce de St-Gérard est intervenue auprès du conseil municipal pour que celui-ci passe un règlement limitant et règlementant la vitesse des autos dans les rues du village.

Le milieu des affaires

Monsieur Arthur Lussier de St-Gérard reprend son emploi à l’hôtel commercial de Weedon après un temps de convalescence.

Le bureau de poste de Moulin Fontaine s’appelle maintenant Fontainebleau.

Au mois de mars de cette année, des mineurs étaient en train de creuser au fond d’une excavation d’environ 500 pieds de profondeur pour la East Canada Smelting Co, alors qu’a surgi un filet d’eau du fond des entrailles de la terre. Ce jet d’eau jaillissait à près de 200 pieds de hauteur. On venait de perforer une couche de cuivre d’une richesse et d’une pureté rares. Cette eau ne tarda pas à monter dans cette gigantesque cuve. Les mineurs n’eurent que le temps de se jeter dans les monte-charge pour se hisser au sommet. L’eau est montée jusqu’à 200 pieds avant qu’on parvînt à boucher l’orifice de 5 ou 6 pouces. Grâce à de puissantes pompes, les employés ont pu vider la mine de cette eau.

La Weedon Mining Co de Fontainebleau est de nouveau le site d’une explosion meurtrière. En effet, celle-ci a causé la mort de deux travailleurs. L’un du nom de MacGougall et l’autre un canadien monsieur Ludger Lisée de Fontainebleau ont subi d’effroyables blessures leur causant la mort instantanément au premier et après plusieurs heures de souffrances atroces pour le deuxième. L’explosion trop prématurée d’une charge de dynamite n’a pas donné de chance à ces travailleurs. Des compagnons des victimes ont échappé miraculeusement à la mort.

Monsieur Lisée n’était marié que depuis trois ou quatre ans. Il laissait une veuve et un jeune enfant.

Quelques jours après, John McLeod, contremaître des travaux souterrains à cette même mine, a perdu l’équilibre dans son échelle instable. Il alla se frapper sur le roc, se cassant trois côtes.

Au mois de mars, monsieur Lizotte a établi un record pour la quantité et la qualité de bois transporté pour la Brompton Pulp Co aux alentours des usines ce la Dominion Chemical Co.

Pendant cette période, la scierie de la station est en pleine opération sous la direction de monsieur A.B.W. Skinner.

Monsieur Philippe Galipeau a fait encan de ses animaux et de son roulant de ferme. Il est parti prendre possession d’un hôtel à St-Herménégilde près de Coaticook. De même, monsieur Stanislas Gosselin a fait encan à la fin de mars pour venir résider au village de Lac Weedon.

Dans les journaux, apparaissent beaucoup de publicités pour que les colons de notre région, particulièrement de Ste-Marguerite de Lingwick, s’embarquent pour le Manitoba. L’abbé Bouillon, directeur d’excursions d’agriculteurs en fait la promotion. Ces voyages de promotion doivent se succéder. Malheureusement, plusieurs de nos braves colons s’expatrient à la recherche de domaines plus vastes… On rapporte dans le journal du 16 avril que deux cents fermes sont à vendre à Lingwick. Les Écossais protestants veulent s’en aller pour aller rejoindre des compatriotes ou pour toutes autres raisons. Il y est suggéré de rendre visite à ce canton, car… « Le terrain est excellent… et favorable à l’élevage et à l’industrie laitière. Chaque terre a sa sucrerie et du bois de commerce. Les fermes s’offrent à des prix allant de 1 500 $ à 5 000 $. Messieurs A.-J. Mcdonnell, Murdo Morrisson, McIver et McLeod annoncent qu’ils sont prêts à vendre en bas de 3 000 $. On peut même acheter l’une des plus belles sucreries des cantons qui comprend 4 000 érables sur le versant d’un coteau. On y vante la présence, dans cette municipalité, de plusieurs magasins, d’une beurrerie, de trois scieries et d’une manufacture de portes et de châssis ainsi que des chemins de fer à proximité. De plus, de grands chantiers y opèrent chaque année.

Monsieur I. Bernier a acheté la magnifique ferme de monsieur Joseph Courchesne située dans le 7e rang de Weedon.

Plusieurs citoyens s’installent autour de la future église. Monsieur Pierre Fortin a entrepris la construction d’une rue qui partira du couvent et se rendra à la station. Madame Veuve Magloire Magnan est revenue des États-Unis pour occuper sa belle maison dans Weedon-Station près du futur temple. De son côté, monsieur Oliva Lapointe occupe la maison de Joseph Fontaine située près du couvent. À son tour, monsieur Joseph Foisy est revenu des États-Unis et doit acheter le terrain de madame Denise Allard pour y construire une maison. Plusieurs transactions ont eu lieu dans ce secteur. Monsieur Irénée Surprenant a acheté la maison de monsieur Joseph Phaneuf, Monsieur Léon Fontaine a vendu la sienne à Jérémie Surprenant. Puis, monsieur L. Biron a acheté la demeure de monsieur Léon Giguère.

Messieurs Anselme Lapointe et Azarie Champagne sont revenus des États-Unis pour venir s’établir à Weedon comme madame Magloire Magnan et monsieur Joseph Foisy.

Il est écrit que tous les terrains situés en avant de la future église sont entièrement concédés. Depuis l’annonce officielle de ce rare déplacement, de nombreuses transactions sont effectuées dans ce secteur. Monsieur Édouard Gamache a acheté deux lots en face de la future église pour transporter son magasin actuel de l’église actuelle au nouveau site. Monsieur Louis Patry a acheté de J.-B. Delude un lopin de terre en face de l’église future.

Le terrain de douze acres de monsieur Arthur Dansereau acheté de monsieur Dorais est offert à qui voudrait bien installer une nouvelle manufacture, ce qui augmenterait les activités dans Weedon-Centre.

À Lac Weedon, jeudi le 14 mai sera la fête des arbres. Les membres de la Chambre de commerce locale ont décidé de planter le plus grand nombre d’arbres possibles.

Dans le journal, on déplore la rareté sinon l’absence d’habitations et de loyers disponibles à St-Gérard pour de nouveaux arrivants qui viennent travailler aux mines de la région.

Weedon-Centre est en activité pendant les mois de juillet et d’août. En plus du déménagement de l’église et du presbytère, la population assiste à une grande amélioration de la route qui reliera le couvent et la station. De nombreux hommes y travaillent pour la finir en béton. La municipalité ajoute deux beaux trottoirs en gravier qui partent de la station jusqu’à la nouvelle église.

Pendant cette période d’activité intensive, monsieur Léger Giguère a fait l’acquisition de la terre, propriété de monsieur Joseph Després, qui était avoisinante à la sienne. Le contrat a été conclu devant le notaire Bourget. Ainsi, le nouveau propriétaire pourra cultiver une des plus belles terres de la municipalité.

D’autres transactions ont eu lieu à la fin de cet été. Monsieur Anselme Lapointe a vendu une partie de sa ferme à son voisin, monsieur Onésime Fontaine, alors que J.-B. Lefebvre a vendu la sienne à monsieur Adolphe Fortier son voisin aussi.

La magnifique ferme de monsieur Louis Brisson qui est à quelques arpents du site de l’église est à vendre. Une autre transaction très importante a eu lieu au début de septembre. Tout le terrain situé près de la station appartenant à la Brompton Company a été vendu à messieurs Hormidas Gaudreau et à Arthur Dansereau. Ces nouveaux propriétaires ont l’intention de préparer ce terrain pour en faire une belle ferme et aussi la séparer en lots pour bâtir. Ça promet d’être un changement d’importance pour la station de Weedon. Un magnifique chemin est actuellement en projet grâce à monsieur Joseph Magnan qui conduit les travaux ayant sous ses ordres 35 hommes et dix voitures.

Au cours du mois de novembre, monsieur Isidore Gaudreau a déménagé la maison de son frère Hormidas. Cette construction a traversé la rivière St-François pour l’installer dans Weedon-Station. À son tour, Arthur Dansereau a transporté une maison du Vieux Village à la station sur la ferme qu’il vient d’acquérir de la Compagnie de Brompton.

Les journaux du début du mois d’août nous informent que les mines de cuivre de Weedon sont temporairement fermées à cause de la guerre qui sévit en Europe depuis peu.

Monsieur Josaphat Goulet de Montréal est entré à l’emploi de Messieurs Gosselin et Lussier en qualité de barbier à St-Gérard.

M. Joseph Péloquin a fait encan à la mi-novembre. Il a vendu sa ferme à monsieur Raymond Fontaine du 9e rang à St-Gérard.

À Fontainebleau, un avis de faillite, dans l’affaire de Henri Fontaine, forgeron voiturier, a été émis au mois de décembre. Des agrès de forge et de boutique de voiturier ainsi que des matériaux à utiliser dans ces domaines seront vendus par encan public le 18 décembre. En plus d’un emplacement désigné comme faisant partie du lot 18 D, une bâtisse ci-dessus construite et servant de boutique de forge et de voiturier sera mise en vente ce même jour.

Vie communautaire

Un groupe de voyageurs venus du pays de l’Oncle Sam ont fait une grande surprise en arrivant chez monsieur J.-D. Croteau de Lac Weedon tard le soir à la fin de juin. Qui pouvaient bien arriver à cette heure? Deux de ces cinq « survenants » étaient Louis Napoléon Croteau, son frère et Ernest Croteau son neveu de Lakeport, New Hampshire qu’il n’avait pas vus depuis 17 ans. Ils étaient accompagnés de monsieur G. Roy de la même place, de Réal Turgeon et de Stewart Hoffs de Boston. Après une nuit blanche à se rappeler de vieux souvenirs et un peu de repos pris sur le matin, ils déploraient la hâte qui les obligeait à les quitter et à ne pouvoir visiter d’autres membres de la famille.

Les gens de St-Gérard sont priés de communiquer avec monsieur J.-D. Croteau lorsqu’ils ont des nouvelles à transmettre à La Tribune.

Loisirs et activités culturelles

À Bouffard Hill près des limites de Weedon, une veillée a eu lieu chez monsieur Georges Beaulieu lors de la Fête des Rois. En fait selon une coutume, un délicieux gâteau a été fait dans lequel une fève a été cachée. Parmi la soixantaine d’invités, monsieur Jacques Rousseau a été l’heureux Roi élu en trouvant dans son morceau la petite pièce tant convoitée. Il fut couronné d’un joli diadème préparé par les hôtes de la soirée.

Monsieur Joseph Pépin a capturé un brochet de 15 livres dans la rivière St-François.

Décès, maladie et accidents

Le Dr Lemieux a été appelé chez monsieur N. Bouffard où il a fait une opération à la jambe du jeune Aimé Bouffard son fils.

Le 13 janvier, on déplore le décès de monsieur Charles Lemay qui n’avait que 40 ans. Pour le pleurer, il laisse son épouse et neuf jeunes enfants.

Monsieur Philémon Tanguay, forgeron aux mines du 2e rang, s’est blessé à une main avec une hache se séparant presque le pouce de la main. Sa convalescence durera longtemps.

À la fin de janvier 1914, monsieur l’abbé Després de Weedon-Centre est décédé dans sa famille à l’âge de 29 ans. Il a succombé à une maladie du foie dont il souffrait depuis plusieurs mois. Les funérailles ont eu lieu dans son village natal en présence de nombreux dignitaires religieux dont Sa Grandeur Mgr Larocque, Mgr C.E. Tanguay et les différents abbés des paroisses voisines. Il avait fait ses études au Séminaire de Sherbrooke et avait reçu l’ordination sacerdotale en 1910, donc il y a seulement quatre ans.

Au début du mois de février, trois vieillards sont décédés à Weedon-Centre. D’abord, Monsieur Louis Brunelle rentier de Weedon qui avait vécu à Bouffard Hill est décédé à l’âge de 75 ans. Il laisse 11 enfants. Il avait développé un grand territoire de culture dans ce qu’on appelle Les Pointes de Lingwick avant de prendre sa retraite à Weedon dans la maison qu’il avait acquise de monsieur Gédéon Fortin dans le Vieux Village.

Un des voisins de monsieur Brunelle, monsieur Alphé Biron est décédé à son tour quelques jours après le précédent. Finalement le 19 février, à l’âge de 81 ans, le père Charles Gauthier a rendu l’âme. Depuis deux mois, il avait quitté sa demeure où il restait seul pour aller chez son gendre Alexandre Lafond. Ce changement l’avait éloigné de l’église où il se rendait chaque matin pour assister à la messe quotidienne. À l’occasion, il servait la messe lorsque les prêtres avaient besoin de servants. On l’appelait le vieux saint. Monsieur Gauthier est arrivé de Ste-Rosalie dans la paroisse St-Janvier à l’âge de 18 ans où il vit depuis plus de 63 ans. Il avait marié Mathilda Biron, fille de Germain le fondateur de Weedon. Il y éleva une grosse famille dont sept enfants vivent encore au moment de son décès. En secondes noces, il a épousé Marie Beauregard avec laquelle il n’a pas eu d’enfant et qui est décédée il y a quelques années. Notre vieillard a pu connaître sa cinquième génération depuis l’an passé.

Le doyen de Weedon, monsieur Georges Biron, a souffert d’importantes indispositions. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

Au début de mai est décédée madame F.-X. Galipeau à la résidence de son fils Octave Galipeau. Née Joséphine Vachon, elle était âgée de 71 ans.

À St-Gérard, une famille a été malencontreusement empoisonnée. En effet, plusieurs membres de la famille de monsieur Paul Galipeau ont accidentellement pris de la substance vénéneuse mêlée à des vivres. Madame Samuel Galipeau qui était en visite chez Paul son fils a succombé pendant la nuit du 3 juin. Heureusement, les autres victimes de cet empoisonnement ont pu être tenues hors du danger quoique madame Paul Galipeau et un de ses enfants ont souffert des suites de cette absorption.

Une rigoureuse enquête a suivi ce malheureux événement. Ainsi, il a été découvert qu’un enfant de monsieur Paul Galipeau a pris l’arsenic pour de la poudre à pâte. Le maître de la maison avait acheté ce « remède » pour ses chevaux. Par la suite, cette poudre avait été placée dans un bocal non identifié que l’on croyait contenir de la poudre à pâte. Madame Galipeau voulait régaler les enfants avec un « pudding au sucre ». C’est ainsi que sa belle-mère et ses propres enfants ont ingurgité ce poison. Madame Galipeau, née Brière, était âgée de 78 ou 80 ans.

Au début de novembre le jeune fils de Henri Brière de St-Gérard a absorbé par erreur du caustique liquide. On le déclarait dans un état voisin de la mort. Une autre grave maladresse humaine a causé un malheureux empoisonnement dans la municipalité de St-Gérard!

Le 30 septembre, les funérailles de Mlle Rosalie Magnan, fille de Dame Veuve Magloire Magnan, ont eu lieu dans la nouvelle église restaurée. Cette demoiselle est décédée à 24 ans le 28 de ce mois. Ce fut le premier service funéraire célébré depuis le départ de cet édifice à partir du Vieux Village le 4 juillet 1914.

À la mi-novembre, monsieur Emery Marcoux, marchand, a perdu sa jeune épouse, Amanda Desmarais, qui lui laisse deux jeunes enfants, dont le dernier qui n’a que trois semaines.

Autres

L’Ouest américain attire certains de nos concitoyens. Messieurs Ovila Fontaine et Philémon Patry nous ont quittés au début du mois de mars.

Un certain Arthur Tétreault de Weedon a été condamné à payer 5 $ plus les frais de 17 $ pour assaut sur la personne de sa femme. Il devra se présenter dans quelques jours devant la cour pour tentative de suicide.

Au début de l’été 1914, monsieur Télesphore Morin de St-Gérard fait des démarches pour acquérir une auto.

Monsieur Joseph Bernier est venu voir ses parents à Weedon avant de partir pour l’Europe avec le Premier Royal Montréal Régiment. Deux autres soldats originaires de St-Gérard ont quitté leur village pour aller à la guerre. En effet, Philomon Tanguay et Henri Gosselin sont partis s’enrôler pour aller outre-mer.