Année 1900

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Année 1900 2018-03-22T20:05:53+00:00

La vie paroissiale

Le recensement paroissial donne des résultats suivants : 407 familles pour 2 136 familles.

Mgr P. Larocque est venu dans le village de Lac Weedon le 10 juin 1900. Quelques paroissiens avaient invité Sa Grandeur pour regarder la possibilité de fonder une nouvelle desserte dans notre milieu.

Un certain lundi du mois d’août, 1 200 pèlerins ont participé à un pèlerinage associé au diocèse de Sherbrooke vers Ste-Anne de Beaupré. L’abbé J.A. Lefebvre et Mgr E.C. Tanguay accompagnaient tous ces pèlerins.

La vie municipale

À Weedon-Centre, monsieur Napoléon Tanguay a été réélu unanimement maire. On le qualifie d’industriel très actif et entreprenant. Il contribue aux progrès de Weedon par son intelligence des affaires.

À Lac Weedon, les conseillers municipaux élus sont messieurs Ferdinand Fontaine, Siméon Brière et Saül Delude. Ce dernier a été élu maire pour la sixième fois.

La vie scolaire

Au Séminaire, le jeune Hector Beaudry a été classé 2e dans le cours commercial en anglais et aussi 2e dans le cours commercial en français pour le 2e trimestre 1899-1900.

La politique provinciale

Notre député, monsieur Chicoyne, est venu à Lac Weedon pour aider un brave colon à obtenir les titres pour un lot de la Couronne. Le maire Saül Delude en a profité pour rassembler les principaux citoyens dans la salle publique pour écouter la causerie de monsieur Chicoyne qui traitait des travaux de la dernière session à Québec.

À la fin de novembre, monsieur Chicoyne, notre député, terminera ses visites annuelles dans le comté en passant à St-Julien, puis à Saints-Anges. À ces occasions, il parle des principales questions traitées par la politique provinciale.

Les affaires

À Lac Weedon, une « puissante compagnie d’assurances » est en train de se former pour protéger les propriétés contre les incendies et la foudre. Les promoteurs de cette initiative sont messieurs Saül Delude, Jos. Gendron et Ferdinand Saulniers.

Au début d’avril, un grand nombre de concitoyens qui étaient conduits par le révérend Père Blais, O.M.I. sont partis dans un convoi du Pacifique Canadien pour le Manitoba. Ces futurs colons des vastes plaines de l’Ouest canadien ont pris place dans deux confortables wagons touristes. Parmi ces gens qui nous ont quittés, nous pouvons mentionner les deux frères Gauthier de Weedon avec leur famille, donc 18 personnes.

Au début du mois de mai, monsieur Charles Tanguay, marchand de Weedon, a déposé son bilan à la demande de son fils Napoléon Tanguay, marchand aussi de notre municipalité.

Au mois d’octobre suivant, un avis de faillite de monsieur Charles Tanguay a paru dans le journal Le Progrès. L’encanteur C.J. Odell annonce donc que l’actif de la succession qui sera liquidé consiste dans les biens tels que : 1) cheval, voitures, meubles de ménage; 2) billets, jugements, obligations; 3) tous les droits, titres et intérêts du failli aux immeubles suivants : la moitié nord-est du lot numéro 4, désigné et connu comme étant le lot 4 B du septième rang du canton de Weedon; les lots numéros 5 et 7 du dit septième rang de Weedon; le lot numéro 4 du huitième rang et les lots numéros 7,10 et 15 du dixième rang et le lot numéro 8 du onzième rang du dit canton de Weedon; la moitié nord-ouest du lot numéro vingt-sept du dixième rang du canton de Lingwick, et partie du lot numéro 28 dans le quatrième rang du canton de Dudswell contenant cinquante-cinq acres, aussi un terrain de 40 par 50, situé sur le lot numéro 12 dans le sixième rang du canton de Weedon, connu maintenant comme le lot numéro 180 des lots du village de Weedon avec un hangar dessus construit, le dit terrain se trouvant situé entre le grand chemin et le moulin à farine.

La liste des billets et des articles à être vendus peuvent être vus à mon bureau sur application. Ces ventes auront lieu à Sherbrooke le 23 octobre 1900. C’est signé par le curateur de Sherbrooke J.P. Royer

Un incendie occasionné par un tuyau a complètement détruit le moulin à scie de monsieur Skinner. Les pertes s’élèvent à un montant de 2 000 $ et ne sont pas couvertes par des assurances.

Le Maître Général des Postes est venu destituer monsieur François Brière comme maître de poste à Lac Weedon sans préciser de raison pour agir ainsi. Monsieur Brière occupait ce poste depuis la création du bureau en 1869. Monsieur Casimir Fontaine remplace monsieur Brière.

À la fin d’août, plusieurs familles des comtés de Mégantic et de Wolfe projettent à émigrer dans la vallée de la Matépédia. Une trentaine de famille de notre coin ont envoyé des délégués pour visiter des terrains dans le canton de Restigouche.

Des citoyens de Garthby ont acheté des terrains et un pouvoir d’eau à Flat Land pour y construire une scierie et produire du bois de construction et des lattes de bardeau. Les travaux de préparation sont prévus pour le début de septembre.

Monsieur L.O. Lussier de Weedon-Centre a reçu les diplômes nécessaires pour pratiquer le métier de mesureur de bois à la suite des brillants résultats à son examen passé devant le bureau officiel du gouvernement.

À Lac Weedon, monsieur aimé Biron prévoit construire un magasin et un hôtel en arrière de la station de Lac Weedon.

Monsieur Georges Desmarais de Weedon a été condamné par le Magistrat du district de Sherbrooke à une amende de 30 $ plus les frais parce qu’il aurait vendu de la boisson en détail alors qu’il n’avait qu’une licence pour la vente en gros.

La vie communautaire

Les citoyens de Weedon suivent avec un très grand intérêt la préparation de fêtes du centenaire du Canton de Dudswell, le plus ancien canton du comté de Wolfe et l’un des plus anciens dans notre partie des cantons de l’Est. Les citoyens de notre municipalité se promettent de participer à ce centenaire du premier établissement de notre comté. Il faut se rappeler que John Bishop s’est installé à Dudswell en 1800. En plus de rappeler cette fête, il est souligné à la population du Canton de Weedon qu’en 1841, Germain Biron, notre vaillant fondateur, s’installait dans un canton voisin. « À quand un monument à sa mémoire, cet homme hardi défricheur, le pionnier de notre canton? »

Le corps de musique de Weedon est allé prendre part au centenaire de Dudswell à la fin d’août. Le Québec Central a émis des billets à des prix réduits pour la population des centres entre Coleraine et Sherbrooke. L’ensemble de la population des Cantons de l’Est y était chaleureusement invité.

Les sports et les loisirs

Il est intéressant de voir comment était réglementée la chasse au début du siècle. Voici les règles à suivre par les chasseurs.

L’ouverture de la chasse est le 1er septembre. De cette date au 1er mars, voici les oiseaux percheurs dont la chasse est permise : les hirondelles, les tritris, les fauvettes, les moucherolles, les pics, les engoulevents, les pinsons. Les mésanges, les chardonnerets, les grives, les roitelets, les goglus, les mainates, les gros-becs, les oiseaux-mouches, les coucous, les hiboux excepté les aigles, les faucons, les éperviers et autres oiseaux de la famille des falconidés, le pigeon voyageur, les martins-pêcheurs, les corbeaux, les corneilles, les raseurs, les pies-grièches, les geais, les pics, les moineaux et les étourneaux.

Du 1er septembre au 15 décembre : les perdrix de savane peuvent être abattues.

Du 1er septembre au 1er janvier : la chasse aux bécasses, aux bécassines, aux pluviers, aux courlis et aux chevaliers est autorisée.

Du 1er septembre au 1er avril : les macareux femelles, les sarcelles, les canards sauvages de toute espèce, excepté les harles ou becs scies, les huarts, les goélands, les pingouins et les macareux mâles peuvent être chassés.

Du 20 août au 1er juillet : la chasse à l’ourse est permise.

Du 1er septembre au 1er février : la chasse au caribou est autorisée.

Du 1er septembre au 1er janvier : ce sont les chevreuils et les orignaux que les chasseurs peuvent abattre.

Du 1er novembre au 1er février, il est permis de chasser le lièvre.

Du 1er septembre au 1er mars, le caribou peut être chassé. Aucun chasseur ne peut abattre plus de quatre caribous durant une saison de chasse.

Du 15 octobre au 15 avril, la loutre est chassée à son tour.

Du 1er novembre au 1er avril, c’est le rat musqué qui peut être abattu.

Du 1er novembre au 1er mars, la perdrix blanche et le ptarmigan peuvent être chassés.

Dans les comtés de Bellechasse et de Montmorency, les habitants peuvent chasser en toute saison de l’année les oiseaux ci-dessus mentionnés, mais pour leur nourriture seulement. Il est défendu de prendre, chasser ou de tuer les faons jusqu’à l’âge d’un an et en tout temps jusqu’au 1er novembre 1902, le castor. Il est permis de chasser et de tuer le chevreuil en se servant de chiens, du 20 octobre au 1er novembre.

Les amendes peuvent varier de 2 $ à 100 $ sinon c’est l’emprisonnement qui remplace les amendes. Les non-résidents de la province du Québec ne peuvent faire la chasse dans la province.

Décès, maladies et accidents

En mars 1900, la résidence de monsieur Alf. Fournier située à Weedon Station a été réduite en cendre avec tout son contenu. Le feu s’est déclaré alors que la famille participait à une veillée chez des amis du voisinage.

Monsieur S. Gosselin cultivateur de Lac Weedon a été frappé par un poteau de télégraphe lancé hors du train par des employés. Ce malheureux homme est en danger de mort.

Au mois d’août, le magasin et la résidence de monsieur Leclerc de Weedon ainsi que la boulangerie et la résidence de monsieur Philippe Rousseau ont été rasés par un incendie. Vers 1 heure, le feu a été découvert dans la résidence de monsieur Leclerc. Les enfants étaient seuls à la maison alors que leurs parents étaient en promenade à Arthabaskaville. Tout a été détruit. Les pertes de monsieur Leclerc sont couvertes par des assurances alors que monsieur Rousseau n’avait que 400 $ pour couvrir les biens détruits.

En septembre, monsieur Napoléon Tanguay a été frappé de paralysie causée par une indigestion. Heureusement, il n’a pas subi de suites.

Le 22 septembre 1900, Dame Anaïs Brière, épouse de Narcisse Trahan, est décédée à Weedon Station à l’âge de 40 ans et 6 mois. Elle laisse cinq jeunes enfants. Elle est la soeur de Soeur St-François-Xavier, religieuse de l’Hôpital Général de Québec et aussi le frère de feu Paul Brière qui vient de décéder il y a moins d’un an.

L’un des plus vieux colons de Lingwick bien connu dans la région, monsieur Murdock McKay, est allé mourir à Manchester à l’âge de 81 ans et 5 mois au début du mois de novembre. Son corps a été ramené au Québec et enseveli à Gould, sa patrie d’adoption. Originaire d’Écosse, il est venu s’établir dans le comté de Compton étant tout jeune. Il a toujours vécu sur la terre qu’il a défrichée et y a élevé ses douze enfants.

Dame Julie Dubois, épouse de Michel Leblanc, employé de commerce est décédée à Weedon le 8 novembre passé.

Décès, maladies et accidents

À la mi-janvier, on déplore qu’à Lac Weedon beaucoup de maladies soient déclarées. On se plaint du rhume surtout. Plus tard au début de mars, Le Progrès fait mention que la grippe y est très maligne.

À la fin de janvier, on nous rapporte deux décès, d’abord celui de F.X. Dufresne, aujourd’hui de Magog et autrefois de Weedon et époux de Élisabeth Côté. Puis, le décès de madame Élise Lussier épouse de Prosper Dion.

La paroisse St-Barnabé près de St-Hyacinthe qui a fourni plusieurs de nos premiers défricheurs vient de perdre un citoyen bien connu, monsieur Joseph Montmarquette qui est le père de Michel Montmarquette du Lac Weedon. Ce vieillard était l’un des derniers survivants des patriotes de 1838. De plus, il avait pris une part active dans la bataille de Châteauguay.

Madame Baptiste Caron du Lac Weedon est décédée à la mi-mars. De même en avril, monsieur François Forgues âgé de 75 ans est décédé d’une façon subite à Lac Weedon. Il laisse trois enfants en ce monde. À Weedon, un autre décès subit est survenu suite à une paralysie de Jos Benoît. Il laisse aussi en ce monde trois enfants, deux fils et une fille.

Alphonse Aubé, fils de Damase Aubé, est décédé à Sherbrooke le jour de Pâques. Il était âgé de 19 ans.

Un commencement d’incendie aurait pu avoir de graves conséquences chez monsieur Edmond Morin. Pendant que madame s’était absentée, un enfant de 2 ans et demi aurait mis le feu aux rideaux et aux couvertures d’un lit. Heureusement, madame Morin entra juste à temps puisque le feu avait déjà atteint le berceau où dormait un joli bébé de trois mois.

Le 6 mai, Le Progrès annonce le décès de madame veuve Joseph Biron qui était malade. Elle était une des personnes les plus âgées de la paroisse St-Janvier. Elle était la bru du fondateur du Canton de Weedon.

Philomène Côté, épouse de François Brière, est décédée à l’âge de 66 ans. Après une longue maladie et de nombreuses années à avoir travaillé avec son mari marchand et ex-maître de poste, elle est allée rejoindre son fils, le Dr Paul Brière et sa fille dame P.N. Trahan qui l’ont précédée.

À Lac Weedon, madame veuve Chainy est tombée en bas d’un grenier par une petite trappe qui avait été mal fermée. Après avoir perdu connaissance, le médecin et le prêtre lui ont rendu visite. Elle semblait avoir été sauvée.

Monsieur Gédéon Brière, fils de Alexis, est décédé à la suite d’une crise d’appendicite alors qu’il travaillait dans une forêt d’East Angus. Après que son jeune fils ait couru pour aller chercher du secours, il fut amené à sa demeure, puis à l’hôpital Sacré-Coeur de Sherbrooke. Son père Alexis venait de décéder quelques jours auparavant.

Au début de septembre, de bonnes nouvelles sont venues de l’Hôpital de Sherbrooke nous annonçant que monsieur J.S. Croteau est en voie d’un rapide rétablissement de sa terrible maladie, l’appendicite.

Au début de novembre, la population a appris que Mlle Adéline Després est décédée dans la fleur de l’âge. Elle était la fille de monsieur Joseph Després cultivateur de Weedon-Centre.