Année 1904

/Année 1904
Année 1904 2018-03-22T19:43:47+00:00

La vie paroissiale

À la fin de l’année 1903, la paroisse comptait 446 familles pour une population de 2 140 personnes, dont 1 395 communiants. Le bilan de l’année avait permis de célébrer 151 baptêmes, 12 mariages et 47 sépultures.

En octobre 1904, le curé de Weedon communiquait le rapport suivant : la population de la paroisse s’élevait à 2 360 personnes, 462 familles, 1475 communiants, 885 non-communiants, 456 enfants fréquentant les écoles, 12 écoles et 14 institutrices.

Au cours des neuf derniers mois, la paroisse a vu 16 nouvelles familles presque toutes venues des États-Unis. Il a été constaté que ce qui a causé le plus de dommages ans la paroisse, c’est la drave et l’émigration en Nouvelle-Angleterre. Depuis que l’industrie du beurre et du fromage s’est organisée, les cultivateurs semblent plus attachés à leur terre et par le fait même, ils cultivent mieux.

Un nouveau marguillier a été nommé pour la prochaine année. M. Paul Desmarais fut élu. Par la suite, il a refusé à cause de son âge. Une nouvelle nomination fut faite en la personne de Jos. Beaudry.

Dès février 1904, une rumeur circule qu’il pourrait y avoir du changement à l’église St-Janvier. La population s’agrandit toujours et l’église est trop petite pour contenir tous les paroissiens spécialement pendant la saison d’été. Par ailleurs, des citoyens de Lac Weedon travaillent pour avoir une mission dans leur centre. Des réunions de paroissiens de ce secteur se tiennent. Ils ont demandé l’opinion de notre curé Lefebvre et projettent de demander à Mgr Paul Larocque la permission de construire une chapelle.

À la fin de juillet, il est question de construire une chapelle au Lac Weedon. Une assemblée a eu lieu. Les souscriptions s’avèrent assez bonnes. Le terrain serait fourni par MM. Hormidas et Philibert Lussier. On espère voir s’élever cet édifice religieux avant un an. Au début de septembre, Mgr Chalifoux est venu marquer le site de la future construction.

Le 30 septembre 1904, Le Progrès fait paraître un article qui traite de la nouvelle chapelle tout en décrivant l’état du secteur où elle sera érigée :

« Enfin, notre village aura sa chapelle, depuis si longtemps désirée. Il y a 18 ans alors que la municipalité était créée, le regretté Mgr Racine fixait le site d’une église ici, et un petit lopin de terre fut donné pour cette fin, et plus de la moitié du bois fut scié, quand tout à coup, deux importantes scieries furent incendiées et ne se reconstruisent jamais. Une autre industrie fit cession de ses biens et le projet déjà en bonne voie de réalisation, tomba par le fait même. La population était alors de près de 200 familles. La population diminua beaucoup graduellement et les choses concernant l’église en restèrent là.

En juin dernier, l’on convoquait une assemblée et, séance tenante, l’on souscrivit 2 000 $. Dix acres de terre ont été donnés par M. Lussier; un terrain de 270 x 270 pieds a été acheté au prix de 150 $ pour le cimetière; les travaux de maçonnerie se font actuellement, presque tout le bois nécessaire est acheté, etc. En juillet prochain, nous aurons la messe dans notre chapelle, dont les dimensions seront de 42 x 60 pieds et elle contiendra 88 bancs de 3 places chacun.

Dernièrement, notre village a prospéré rapidement, ayant une scierie, une carrière à ciment, cette dernière ne fonctionne pas cette année; 5 magasins généraux, un hôtel, une station de chemin de fer, un bureau de poste, le service du téléphone et de la télégraphie, etc. Il y aurait place parmi nos 50 familles et la campagne environnante pour un bon forgeron, un boucher et un boulanger puisque tout le monde achète leur pain ici. Le site de notre village est enchanteur, situé comme il l’est sur les rives de la rivière St-François et à proximité des lacs Aylmer et Louise. C’est un endroit de villégiature, de pêche et de chasse.

Il y a place pour des industries. Une manufacture de meubles y trouverait certainement son compte vu la facilité de se procurer le bois franc qui abonde aux portes même du village. Une manufacture de portes et fenêtres y ferait aussi de bonnes affaires; ce qui manque, c’est le capital pour faire du Lac Weedon un centre tout à fait industriel. Il y a dans les environs immédiats, pierre à chaux et à ciment en grande quantité, bois à pulpe en très grande quantité aussi. Puisqu’East Angus et Bromptonville comptent sur les limites du Haut-St-François pour alimenter leurs usines, le pouvoir d’eau ici est immense et personne ne peut s’expliquer comment il se fait qu’un tel pouvoir moteur n’ait pas été appelé plus tôt à faire mouvoir d’importants ateliers. »

À la fin de février 1904, monsieur l’abbé J.A. Lefebvre, curé de l’entière paroisse St-Janvier est allé rassembler les jeunes en après-midi et les adultes en soirée dans la maison d’école de Lac Weedon pour une célébration de la messe et faire leurs Pâques.

En d’autres occasions, c’est l’abbé J.E. Genest, vicaire qui donne des services dominicaux à cette future paroisse de St-Gérard.

Au cours de l’été, le révérend Brassard, ancien curé de la paroisse et maintenant à Wotton, est venu rendre visite à ses amis de Lac Weedon.

À Weedon, la messe de Pâques a été célébrée encore avec faste. Le maître chantre, monsieur Aimé Moreau, dirigeait habilement un choeur puissant. Parmi les choristes, nous retrouvons MM. J.H. Bourget N.P., Adolphe Tanguay, Jos. Tisdel, Dr J.P.C. Lemieux, J.I. Cloutier, Aimé St-Denis, ainsi que les demoiselles, Denise Allard, Alexina Bouchard, Jenny Lacroix, Lumina Perron, deux demoiselles Boulay et madame Jos. Allard. Madame Adolphe Tanguay accompagnait à l’orgue. Lors de cette cérémonie, l’église était brillamment illuminée grâce à l’électricité.

À la fin de juin, Marie J. Tétreault de Weedon a fait sa profession chez les Petites Soeurs de la Ste-Famille. Elle portera le nom de Soeur Ste-Lucie Anne. De même à la fin de juillet, Éveline Scott, Sr Marie de l’Incarnation, de Weedon faisait partie des quatorze postulantes chez les Soeurs de la Ste-Famille.

À la mi-septembre, un jubilé a été ouvert dans la paroisse St-Janvier de Weedon par un prédicateur de circonstance l’abbé Martin, curé de Lennoxville qui a créé une profonde impression chez ses auditeurs. Les abbés Côté de Ham Sud, Carrier de Garthby, Hamel de Disraeli, Dodier de St-Adrien et Ham Nord et Plamondon d’East Angus sont venus assisté notre curé.

Le 11 novembre, Le Progrès annonçait aux paroissiens de Lac Weedon, que les travaux de fondation avançaient rapidement. On prévoit la fin de ces travaux tôt le printemps prochain.

La messe de minuit a été célébrée avec une grande solennité dans la paroisse St-Janvier de Weedon. L’orgue était tenu par monsieur Aimé Moreau organiste de la paroisse. Un nouveau choeur de chant de petites jeunesses s’est fait entendre pour la première fois, sous la direction de monsieur P. Picard, vicaire de la paroisse. On y apprend que le sacristain était monsieur Johnny Lefebvre.

La vie scolaire

Les étudiants qui fréquentaient le séminaire de Sherbrooke sont retournés aux études. Bernard Tanguay et Albert Beaudry, fils de deux commerçants de Weedon Station Napoléon P. Tanguay et N. Beaudry, suivent leur cours commercial. Trois autres suivent un cours classique, ce sont Calixte Lafond, Émile Lussier et Philippe Deserres, fils de cultivateurs de Weedon et de Lac Weedon.

Dans Le Progrès du 2 février 1904, il est écrit que le Révérend J.A. Lefebvre a l’intention de doter la paroisse de Weedon d’un couvent. « Nous ne pouvons qu’applaudir à deux mains et l’encourager par tous les moyens possibles. La chose est plus que nécessaire, c’est tout simplement indispensable ».

Au mois de mars, on parle d’agrandir la maison d’école afin d’y entendre la messe plus souvent au cours de l’hiver et de l’été.

Dans un article signé D’ Arriboules, un paroissien a fait paraître une longue diatribe contre les conditions qu’endurent les institutrices de nos écoles et contre les commissaires qui profitent de ces jeunes filles. Cet auteur dénonce le salaire ingrat qu’elles reçoivent c’est-à-dire les 70 $ à 100 $ pour dix mois de travail. Il reproche à « nos commissaires inhumains qui sont eux-mêmes des pères de famille », les conditions honteuses dans lesquelles elles vivent leur année à prendre soin des enfants qui leur sont envoyés. Ces commissaires osent demander entre 6 $ à 8 $ par mois pour leur pension alors qu’elle est emprisonnée dans une misérable chambre dans un coin de l’école où elle fera sa cuisine après ses heures de classe. De plus, elle devra s’occuper de chauffer sa chambre et sa classe avec le bois de poêle qu’on lui fournira. Elle présente cette profession comme étant minable pour une personne qui a passé quatre à six ans dans les institutions scolaires pour se préparer à remplir cette « noble cause qu’est l’éducation de nos jeunes ».

Cet auteur n’encourage aucune jeune fille à faire des études pour devenir institutrice puisqu’elle ne pourra jamais récupérer les argents investis dans ces années de préparation.

Le révérend Père Brousseau de l’orphelinat agricole est passé par les rangs au mois de novembre pour faire sa collecte annuelle. Trois enfants de notre paroisse sont placés dans cette institution.

Les affaires municipales

Dans Weedon-Centre, MM. Joseph Harpin et Léger Giguère sont élus conseillers par acclamation. Monsieur Napoléon P. Tanguay, marchand de bois, a été élu maire par acclamation pour la treizième année.

Dans la municipalité du Lac Weedon, monsieur Saül Fontaine a été réélu maire pour la septième fois. MM. Ernest Tremblay, Émile Domon et Michel Côté ont élu en remplacement de MM. Joseph Foisy, É. Gosselin et François Magnan.

La politique provinciale et canadienne

En septembre à Lac Weedon, on commence à se demander qui sera candidat aux prochaines élections dans le comté de Wolfe.
« Beaucoup conjecturent… ».
«… La commère émet des opinions… »…
« Pour notre part, nous élirons qu’un homme du comté… »

À la mi-novembre, une convention libérale a été tenue à Weedon. Environ trois cents électeurs étaient présents. Cinquante-deux délégués s’étaient rendus comprenant un représentant par bureau de votation. Plusieurs noms ont été proposés comme candidats : MM. S.E. Adam de Disraeli, A.C. Miquelon de Danville, N.P. Tanguay de Weedon, Dr Mcdonald de Marbleton, F.C. Gingras de St-Camille et J.H. Dionne de Garthby.

Lors des premiers tours, il semble que ce soit monsieur Miquelon qui avait l’avance sur monsieur Adam. Par contre, dans le journal du 2 décembre, monsieur N.P. Tanguay de Weedon est présenté comme étant le nouveau député. En effet, quelques jours plus tard le 6 décembre, dans un article du journal Le Progrès, monsieur Tanguay remercie tous les électeurs de l’avoir élu député de l’Assemblée législative de Québec le 25 novembre précédent. Entre autres, il dit :
– … Mon devoir est tout tracé d’avance; il faut que notre nouveau comté reçoive sa juste part de patronage… Je travaillerai dans ce but… Je ne suis pas seulement le député des libéraux, je suis le député de tous les électeurs du Comté de Wolfe et je vous invite à m’exposer vos griefs et vos besoins… En vous disant au revoir, je vous dis encore une fois merci. » Napoléon Tanguay

La majorité officielle de monsieur N.P. Tanguay, député de Wolfe à la législature, est de 555 voix.

Le milieu des affaires

L’établissement d’une manufacture de portes et de châssis semble s’annoncer pour un avenir assez proche dans Weedon.

Après les deux premières semaines de l’année 1904, les gens souffrent de la même disette d’eau qu’auparavant puisque le froid a fait diminuer la possibilité d’utiliser les pluies qui sont tombées dernièrement.

Dans le Progrès, il est écrit que 6 000 $ sont déjà souscrits pour la création d’une nouvelle manufacture de portes et de châssis dans Weedon Station.

Une autre rumeur annonce qu’une pulperie pourrait s’établir à Moose Bay sur le lac Aylmer au printemps.

La scierie de MM. Bisson et Archambault suscitent beaucoup d’activités dans nos forêts au cours de cet hiver. La saison se prête bien pour la coupe et le transport du bois vers ce moulin. Deux millions de pieds de bois y sont déjà acheminés à la fin de janvier. Les réparations qui se font actuellement au moulin devaient permettre aux propriétaires de le faire fonctionner leur à la fin d’avril ou au début de mai. Tout d’un coup, Le Progrès annonce que la compagnie Archambault & Bisson est dissoute. Au début de mai, monsieur Archambault se retire et est remplacé par monsieur Porter d’Island Pound, Vermont comme propriétaire. Toutefois, d’autres travaux sont effectués au moulin avant de commencer à opérer.

Un peu plus tard au mois de septembre, on nous annonce que « dans quelques jours, la scierie Porter aura terminé ses opérations pour la saison. Beaucoup de bois a été expédié aux États-Unis par cette compagnie, cet été. »

La Royale Lime Co de Lac Weedon prévoit être organisée en compagnie de fonds sociaux pour permettre de réaliser d’importantes améliorations et d’augmenter sa production de chaux. Possédant une riche carrière de pierres à chaux, elle projette de construire plusieurs nouveaux fourneaux à chaux et d’installer une puissante machine à vapeur. Finalement, cette compagnie était en pleine opération au début de mai. On croyait pouvoir cuire trois chars de chaux par semaine. Cette compagnie demande son incorporation avec un capital de 20 000 $. Les directeurs propriétaires sont MM. J. Roy de Montréal, L.H. Fortier et S. Fortier de Sherbrooke et J.L. Roy de Scotstown. À la fin de juin, une vingtaine d’hommes travaillent pour cette compagnie. Ils gagnaient entre 1,25 $ et 1,50 $ par jour de travail.

Cette dernière industrie qui porte aussi le nom Compagnie Royale de chaux a tenu sa première assemblée annuelle depuis son incorporation. Les officiers suivants ont été élus : à la présidence, P.J. Roy; à la vice-présidence, J.L Roy; au poste de secrétariat-trésorerie, L.H. Fortier; et à la gérance, P.A. Roy.

Au début de mars, on se réjouit du peu de pluie qui est tombée puisque beaucoup de citoyens de Lac Weedon ont souffert d’un manque d’eau. Pendant cette période, de violents coups de vent ont causé des dommages. Heureusement, seules quelques couvertures de grange ont été brisées.

Septembre étant arrivé, Le Progrès nous annonce qu’« il a tant plu dans nos cantons que les pommes de terre sont en partie toutes pourries… Ça ne paie pas de les arracher ».

Les fromageries ont commencé leurs activités à la fin d’avril. Une assemblée des patrons de la fromagerie de monsieur Euclide Foisy de Lac Weedon s’est tenue chez monsieur Michel Côté. MM. Xavier Galipeau, Louis Caron, George Daviau et Louis Fortin ont été nommés directeurs. Monsieur George Goyette fut nommé président et F.X. Lussier, secrétaire-trésorier. Étant donné que la fromagerie n’est pas outillée pour tester la richesse du lait, le paiement selon de telles analyses est remis à plus tard. Encore cette année, il sera payé selon la pesée.

Les producteurs de sucre d’érable sont très satisfaits de leur production printanière. Par contre, le prix du foin reste très élevé et le prix des oeufs est de 0,15 $ la douzaine.

À Weedon-Centre, un incendie considérable a eu lieu au Vieux Village de Weedon. Le moulin à scie, propriété d’Adolphe Tanguay, et le moulin à farine, propriété de Joseph Hamel, ont été complètement détruits dans une nuit de dimanche à lundi à la mi-juin. De plus, trois maisons des environs du moulin, demeures de Calixte Labelle, J. Beauchesne et Oliva Boutin ont aussi été détruites par cet élément dévastateur. Adolphe Tanguay n’a que 1 000 $ d’assurance alors que monsieur Hamel n’en a pas. Il se trouve « dans le chemin » par cette perte, de même que les trois autres familles. Des dons sont demandés pour ces derniers et à remettre à monsieur le curé Lefebvre de la paroisse St-Janvier. Une vingtaine de travailleurs se trouvent sans ouvrage à la suite de cet incendie.

Le journal Le Progrès annonce que la maison et le magasin de monsieur J.C. Lussier sont presque terminés à la mi-septembre dans le village Lac Weedon. Cette demeure sera l’une des plus spacieuses des alentours. Elle aura 35 x 45 pieds, deux étages et finie en briques. Elle sera éclairée par un appareil à gaz acétylène.

Annonce faite dans Le Progrès du 27 décembre 2904 : MM. N.P. Tanguay et E.W. Tobin, députés de Wolfe au provincial et au fédéral font construire un téléphone qui reliera toutes les paroisses du comté. Ce téléphone est local pour le moment, mais sera d’une très grande importance. On dit que, dans certaines parties du comté, les citoyens étaient tout à fait isolés n’ayant aucun moyen rapide de communication avec les centres plus importants.

La vie communautaire

Monsieur John MacKay, anciennement de Weedon pendant 40 ans et aujourd’hui âgé de 76 ans et résident de Bishop’s Crossing, a pris son passage sur le Québec Central pour la première fois de sa vie pour se rendre à Sherbrooke.

Les journaux racontent que le foin pour les animaux se fait rare; il devient de plus en plus dispendieux entre 12 $ et 15 $ la tonne. Avant que les animaux puissent brouter dans les champs au printemps, le prix a même monté à 16 $ la tonne. Par contre, l’abondante récolte de patates de l’automne passé reste plus que suffisante dans les caveaux.

La municipalité de Dudswell, voisine du Canton de Weedon, a décidé de payer une prime de quatre dollars à toute personne qui abattra un ours dans ses limites.

La fanfare de la paroisse de Weedon se réorganise. Au mois de juillet, de nouveaux instruments ont été achetés. Au début du mois d’août, les officiers suivants ont été nommés à la tête de l’organisation : J.S. Croteau président, J.J. Cloutier vice-président, J.A. St-Denis secrétaire, H. Beaudry trésorier et J.A. Moreau professeur. Vingt-cinq personnes faisaient partie du groupe musical.

Les loisirs et la vie culturelle

Le club de pêche et de chasse du Lac Breeches près de Disraeli prévoit ensemencer leur lac au printemps prochain après qu’il ait élevé des milliers d’alevins de truites dans un endroit spécial à proximité du lac.

Le 31 mai 1904, le couple Étienne Fortin et Adéline Lussier a célébré leur 50e anniversaire de mariage. C’est une des plus anciennes familles de cultivateurs du Canton de Weedon. Une messe solennelle et un somptueux banquet ont eu lieu pendant lesquels deux adresses leur ont été présentées par des petits-enfants au nom des nombreux autres.

Le 21 juin, Le Progrès faisait mention que « les sports avaient envahi les rives de nos lacs et de nos rivières ». Des pêches « miraculeuses » avaient déjà eu lieu depuis la fonte des neiges dans la région.

Le club de baseball de La Patrie a une deuxième victoire à son crédit, cette année, contre les joueurs de Lac Weedon. Après avoir gagné une première partie une première partie contre notre club local dans leur localité, le club visiteur a déclassé notre club par la marque de 22 à 6 pour La Patrie.

Décès, maladies et accidents

À la mi-janvier, on déplore qu’à Lac Weedon beaucoup de maladies soient déclarées. On se plaint du rhume surtout. Plus tard au début de mars, Le Progrès fait mention que la grippe y est très maligne.

À la fin de janvier, on nous rapporte deux décès, d’abord celui de F.X. Dufresne, aujourd’hui de Magog et autrefois de Weedon et époux de Élisabeth Côté. Puis, le décès de madame Élise Lussier épouse de Prosper Dion.

La paroisse St-Barnabé près de St-Hyacinthe qui a fourni plusieurs de nos premiers défricheurs vient de perdre un citoyen bien connu, monsieur Joseph Montmarquette qui est le père de Michel Montmarquette du Lac Weedon. Ce vieillard était l’un des derniers survivants des patriotes de 1838. De plus, il avait pris une part active dans la bataille de Châteauguay.

Madame Baptiste Caron du Lac Weedon est décédée à la mi-mars. De même en avril, monsieur François Forgues âgé de 75 ans est décédé d’une façon subite à Lac Weedon. Il laisse trois enfants en ce monde. À Weedon, un autre décès subit est survenu suite à une paralysie de Jos Benoît. Il laisse aussi en ce monde trois enfants, deux fils et une fille.

Alphonse Aubé, fils de Damase Aubé, est décédé à Sherbrooke le jour de Pâques. Il était âgé de 19 ans.

Un commencement d’incendie aurait pu avoir de graves conséquences chez monsieur Edmond Morin. Pendant que madame s’était absentée, un enfant de 2 ans et demi aurait mis le feu aux rideaux et aux couvertures d’un lit. Heureusement, madame Morin entra juste à temps puisque le feu avait déjà atteint le berceau où dormait un joli bébé de trois mois.

Le 6 mai, Le Progrès annonce le décès de madame veuve Joseph Biron qui était malade. Elle était une des personnes les plus âgées de la paroisse St-Janvier. Elle était la bru du fondateur du Canton de Weedon.

Philomène Côté, épouse de François Brière, est décédée à l’âge de 66 ans. Après une longue maladie et de nombreuses années à avoir travaillé avec son mari marchand et ex-maître de poste, elle est allée rejoindre son fils, le Dr Paul Brière et sa fille dame P.N. Trahan qui l’ont précédée.

À Lac Weedon, madame veuve Chainy est tombée en bas d’un grenier par une petite trappe qui avait été mal fermée. Après avoir perdu connaissance, le médecin et le prêtre lui ont rendu visite. Elle semblait avoir été sauvée.

Monsieur Gédéon Brière, fils de Alexis, est décédé à la suite d’une crise d’appendicite alors qu’il travaillait dans une forêt d’East Angus. Après que son jeune fils ait couru pour aller chercher du secours, il fut amené à sa demeure, puis à l’hôpital Sacré-Coeur de Sherbrooke. Son père Alexis venait de décéder quelques jours auparavant.

Au début de septembre, de bonnes nouvelles sont venues de l’Hôpital de Sherbrooke nous annonçant que monsieur J.S. Croteau est en voie d’un rapide rétablissement de sa terrible maladie, l’appendicite.

Au début de novembre, la population a appris que Mlle Adéline Després est décédée dans la fleur de l’âge. Elle était la fille de monsieur Joseph Després cultivateur de Weedon-Centre.

Autres événements

Plusieurs visites familiales n’ont pas eu lieu et d’autres ont été retardées à cause des températures particulièrement froides que nos compagnes ont subies dans notre région.

À la mi-janvier, une action en dommages a été intentée par G. Hurd contre Louis Roy et al, de Weedon devant la Cour Supérieure du District St-François. Le demandeur se plaignait « que, sans provocation aucune, le défendeur et d’autres personnes aient assailli sa maison pendant quinze minutes, jetant des cailloux et jurant comme des lurons ». Le demandeur réclamait 100 $ de chacun des supposés malfaiteurs. La cause a été en délibéré.

À la fin de mars, il est écrit qu’une tempête de neige a apporté entre six et huit pouces de neige. L’hiver semble s’être prolongé ce printemps-là.