Année 1913

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Année 1913 2018-03-22T18:33:38+00:00

La vie paroissiale

Au cours de l’an 1912, la paroisse a célébré 15 mariages, 106 naissances et 40 sépultures.
Monsieur le curé de la paroisse était l’abbé J.A. Lefebvre alors que son vicaire était l’abbé I.A.O. Huard.

Dans la paroisse de St-Gérard, c’est l’abbé C.-J. Roy qui est le pasteur.

À Moulin Fontaine, ont eu lieu de jolies parties de euchre au profit de la nouvelle maison de Dieu. Monsieur le vicaire Lachance y a assisté ainsi que beaucoup de personnes du village.

Un chic mariage a eu lieu à Weedon entre Sara Laliberté et Edmond Adams de St-Hyacinthe. La nouvelle dame Adams est devenue enseignante dans le rang St-Édouard.

À la fin de janvier, monsieur le curé de St-Janvier est venu en mission. La nouvelle chapelle était remplie. Les trois cents chaises de ce lieu saint avaient toutes été vendues. Nous y avons la visite du curé à toutes les quinzaines.

À Weedon, une union spéciale a eu lieu en janvier 1913, le père I. Morin âgé de 83 ans et la veuve Édouard Tétreault âgée de 75 ans se sont juré une inaltérable fidélité jusqu’à la mort de l’un des deux.

Monsieur J.E. Bernier était curé dans la paroisse de St-Gabriel de Stratford.

Mgr Larocque a terminé sa visite paroissiale à St-Gérard en administrant le sacrement de confirmation à 71 enfants de notre paroisse.

Mgr H.O. Chalifoux de Sherbrooke est venu en visite au presbytère de St-Gérard.

Monsieur le curé de St-Gérard avertit ses paroissiens d’éviter certaines fêtes non religieuses qui pourraient se répéter cette année. Les noms de MM. Jules Dorius, Pélisson de Kuyper et autres sont donc à éviter.

La vie scolaire

Marie-Julie Fontaine a été institutrice à la maison d’école du 4e rang pendant l’année scolaire 1912-13.

Mlle Aurélie Proulx a été institutrice à l’école du village de Weedon. Mlle Rose Tessier qui enseigne à l’école du pont a reçu une prime de 20 $ pour son succès en anglais et en français pendant l’année 1912-13. Depuis quatre ans qu’elle y enseigne, c’est la deuxième fois qu’elle reçoit cette marque d’appréciation.

Les prêtres des paroisses suivantes sont : à Ham Sud, le curé Rovenelle et le vicaire Lachance; à St-Adolphe, le curé Larue.

Monsieur René Tanguay est revenu du Séminaire St-C.-B. dans sa famille pour cause de maladie.

À St-Gérard, Mlles Fortin sont les institutrices à l’école du village.

Mlle Marie Antoinette Tanguay, étudiante au couvent d’Upton, est revenue dans sa famille puisque le couvent a dû fermer ses portes pour cause de maladies contagieuses.

La coutume de la remise des prix s’est poursuivie en juillet 1913. Sous la présidence du curé Lefebvre, l’activité a eu lieu voyant Mlle Bertha Proulx, se mérité le prix d’Instruction Publique, Mlle Berthilde Beaudry mérité le prix du travail et de succès, Mlle Alexina L’Heureux, celui de bonnes notes et de politesse, Mlle Germaine Beaudry et Vitaline Delude, celui du travail et du succès, Maria Leblanc, le prix d’élocution, Mlle Georgette Champoux, celui de l’ordre, Mlles Fernande Lemieux, Marie St-Denis, R. Berthe Bourgault et Nita Rosencraon, le prix de musique instrumentale. Les donateurs des prix ont été donnés par l’abbé J.A. Lefebvre, messieurs J.P.C. Lemieux, Charles Tanguay, Jean-Baptiste Delude président des commissaires, Jos Després et le Révérend Huard vicaire de la paroisse.

Messieurs Donat Courchesne et Alphée Biron sont nommés commissaires pour remplacer messieurs J.-B. Baptiste et Joseph Després qui étaient sortants de charge.

Monsieur Louis-Philippe Proulx est revenu du Juvénat des Frères Maristes à Iberville où il étudie depuis deux années. Il prend ses vacances chez ses parents M. et Mme Henry Proulx et chez sa soeur madame Isaac Magnan.

Mlle E. Gosselin de Marbleton est institutrice à Weedon

La vie municipale

Monsieur L.M. Phaneuf du 7e rang du Lac Weedon a été élu conseiller municipal en remplacement de monsieur Antoine Saulniers et monsieur Paul Galipeau y a été réélu.

À Weedon-Centre, monsieur Joseph Tisdel a été réélu. Monsieur Gilbert Roy a été remplacé par monsieur Aimé St-Denis. Lors d’une assemblée subséquente, monsieur Joseph Tisdel fut réélu maire.

Dans le Canton de Weedon, messieurs Elzéar Després et Louis-Xavier Brisson ont été réélus. Ce dernier a été réélu maire de cette municipalité pour une seizième année.

Une poursuite a été intentée par monsieur Joseph Fontaine contre le conseil municipal du Canton de Weedon. Il s’agit d’une route existante depuis au-delà de 30 ans que le poursuivant demande de faire redresser. Le conseil considère que les travaux s’élèveraient beaucoup trop pour son utilité.

Il semble que la municipalité de St-Gérard néglige de construire un trottoir entre le bureau de poste et la maison d’école où les gens doivent circuler dans la boue.

Au mois d’août, des travaux de gravelage ont été réalisés sur le chemin qui mène à Stratford. On espère davantage d’améliorations pour l’an prochain.

Il nous est rappelé qu’il est dangereux de faire brûler les souches autour des maisons du village de St-Gérard puisque le feu pourrait se répandre chez les voisins. Par un temps de sécheresse tel que vécu au début de septembre, certains agissements inconsidérés de certaines gens exposent les citoyens de notre village.

Les affaires politiques

Une invitation est faite pour une assemblée qui aura lieu à Marbleton au sujet de l’amélioration de nos chemins. Grâce à un conférencier connaisseur dans le domaine, le gouvernement incite les responsables municipaux et les citoyens à venir écouter ses précieux conseils et à lui poser toutes les questions que la population se pose. Ce conférencier fait connaître les bénéfices que tous obtiennent en ayant de bons chemins dans nos régions rurales. Il est prévu que les ministères puissent fournir des aides à des projets dans ce domaine.

Les affaires

On travaille jour et nuit à la mine de cuivre dans le Canton de Weedon, dans la partie du Moulin Fontaine.Une nouvelle manufacture et trente maisons y seront construites.

La manufacture annonce qu’elle rouvrira ses portes après plusieurs semaines d’arrêt causé par la pénurie de bois. La compagnie américaine offre jusqu’à 4 $ la corde. Par contre, les cultivateurs ne se pressent pas pour prendre des contrats, car ils font davantage avec le bois de papier cette année. Alors, la compagnie doit acheter des coupes de bois et s’oblige à engager des hommes pour bûcher.

Nous savons qu’à la mine les travaux se poursuivent jour et nuit et 75 boîtes charroient le minerai continuellement, c’est-à-dire que huit fois par jour mille livres de minerai partent de la mine et sont livrés au chemin de fer de Weedon. À la station, un certain nombre de travailleurs chargent le minerai sur les chars et chaque jour quatre à cinq chars partent de Weedon part train. Les hommes reçoivent leur paye régulièrement à chaque quinzaine du mois. Ceux qui ne perdent pas de temps dans le mois sont récompensés de 5 $. Cette politique est très salutaire puisqu’elle empêche les faibles de boire et de perdre son temps après la journée de la paye. On remarque qu’avec la nouvelle mission située tout près de la mine, il n’y a pas ou peu de désordre et moins de boisson est livrée dans ce coin de la paroisse.

À la fin de janvier, une rumeur persistante courait. Nous aurions bientôt une nouvelle manufacture sur le terrain qui vient d’être défriché près de la station. Cette manufacture s’installerait près de la rivière St-François. Une trentaine de maisons seraient construites sur une rue qui partirait de la station et se rendrait jusqu’à la manufacture. On rêve de voir s’élever Weedonville où déjà 150 familles vivent près de la station.

Dans la dernière semaine de janvier 1913, on note dans La Tribune une rectification pour un texte paru précédemment. Il est dit que monsieur François Brière de Lac Weedon avait pris une option sur un terrain à Thetford et avait engagé monsieur Eugène Cyr pour y prospecter. En plus de son salaire pour son travail, ce dernier devait recevoir 1 000 $ s’il découvrait un bon prospect. N’ayant pas réussi à y trouver du minerai, monsieur Brière lui a payé son dû. Monsieur Cyr, croyant pouvoir mériter les 1 000 $ quand même, prit une action de 1 100 $. L’action a été renvoyée avec frais.

Les contracteurs et les charretiers de Weedon se réjouissent des charriages de bois qui ont débuté.

Monsieur Champoux a loué son moulin à farine et moulin à scier le bois à monsieur J.B. Landry pour une période de trois ans. Ce dernier était cultivateur dans notre municipalité. Ce moulin moud tous les grains excepté le blé. Beaucoup de producteurs de blé doivent aller faire moudre soit à Lingwick soit à Marbleton.

Monsieur Émery Marcoux, un revenant des États-Unis depuis peu, a acheté la maison de monsieur Jules Adams située dans Weedon-Station où madame veuve Émilie Brière tient un restaurant.

À la mi-février, cent voitures sont demandées pour charroyer de la roche afin de rehausser la chaussée qui sert à la dynamo pour fournir l’électricité de la paroisse de Weedon. Monsieur Papineau, ingénieur responsable, veut rehausser cette chaussée de 17 pieds.

La compagnie minière qui exploite les terrains à Weedon a acquis presque tous les terrains aux environs de la mine. Monsieur Arthur Dansereau a signé le contrat l’engageant envers la compagnie Brompton de couper tout le bois sur ces terres et de faire brûler toutes les branches pour le mois de mars prochain. Beaucoup d’activités ont lieu aux environs. Les uns bûchent, les autres charroient du bois de papier, d’autres font du bois de chauffage. Une grande quantité de ce dernier bois est placée près de la manufacture d’alcool près de la station.

On note que toutes les minutes et demie, une boîte contenant mille livres de minerai arrive au funiculaire de la station de Weedon. Seul un moment d’arrêt survient sur l’heure du dîner. Soixante-quinze boîtes se poursuivent continuellement, et ce, jour et nuit.

À St-Gérard, le charriage des billots et du bois de toutes sortes occupe un grand nombre de transporteurs. Ils espèrent que l’hiver puisse être assez long pour pouvoir effectuer ce travail.

Dès la mi-mars, les modistes du centre de Weedon exposent leurs nouvelles modes

Monsieur J. L. Davignon de Marieville remplace monsieur P. Bienvenue à la Banque de Commerce située à Weedon Station.

Monsieur Philias Tanguay a acquis la maison de monsieur Joseph Lambert dans le bas du village de St-Gérard.

Monsieur J.E. Beaubien était l’agent du Québec Central à St-Gérard.

Au cours du mois d’avril, des employés de la Compagnie Hydraulique de St-François ont installé des poteaux électriques de Garthby à Weedon.

Monsieur et madame J.P.C. Lussier ont acheté la propriété de monsieur Nazaire Beaudry avoisinant l’hôtel Commercial pour construire un magasin qui, à la fin d’avril, était déjà en construction.

Monsieur Fortin, ingénieur civil de Québec était le président de la Stratford Copper Mining Co.

Il est dit que monsieur Louis Beaulieu a déjà été un ex-secrétaire-trésorier et un ex-agent de la station à St-Gérard pendant plus de vingt ans. Comme plusieurs concitoyens, il s’est établi dans la ville naissante, mais prometteuse d’Assiniboine en Saskatchewan.

Il y a eu vente de la propriété de monsieur Y. Gagné à monsieur A. Doucet de St-Camille au cours du mois de juin.

À St-Gérard, le Québec Central Railway construit une nouvelle voie d’évitement pour faciliter le chargement des chars et la rencontre de leurs nombreux convois.

La sécheresse s’est prolongée pendant plusieurs mois dans notre région. Si elle continue, St-Gérard devra faire face à une disette d’eau. On craint de devoir avoir recours aux eaux de la St-François.

Au début de décembre 1913, monsieur Adolphe Lussier a entrepris de charroyer 1 000 cordes de bois de papier du Lac Maskinongé à la gare à St-Gérard.

Monsieur Eugène Domon a obtenu l’entreprise du chargement des chars de pilote cet hiver pour la compagnie Brompton, c’est-à-dire environ un million et demi de bois.

Loisirs et vie culturelle

En janvier, nos amateurs de patins s’en donnent à coeur joie sur la patinoire grâce de courageux organisateurs.

Au début du mois de mars, une randonnée de raquetteurs et raquetteuses vers la villa Antoinette au lac Louise à quatre milles du village a eu lieu. Mlles Marie-Anne Bouchard, Alice Fortin, Germaine Lemieux et Rose Marguerite Tanguay et MM. Joseph et Napoléon Bouchard, Louis René et Jean Maurice Tanguay s’y amusaient alors qu’une tempête effroyable s’est élevée. Armés de courage ils bravèrent la tempête subite afin de venir rassurer leurs parents fort inquiets de leur retard.

La Villa Antoinette et le chalet Bellevue sont des lieux qui attirent les amis de la paroisse. En début de juillet, une fête familiale y a eu lieu les membres des familles Tanguay et Beaudry.

En avril, c’est le temps des sucres. Monsieur Anthime Fontaine avec une grande hospitalité des excursionnistes à sa cabane à sucre. Quels plaisirs pour Mlles M.A Bouchard, A. Fortin, G. Lemieux, R.M. Tanguay et messieurs J.A. Héroux, Jos. Bouchard, J.B. Bouchard N. Bouchard et J.N. Tanguay, manger de la tire dorée, saucer la palette et la passer ensuite sur la joue du voisin ou de la voisine!

À la mi-avril, messieurs P. Lussier, V. Péloquin, J.L. Davignon, A. Papineau et K. Morissette ont participé à une joyeuse excursion de chasse. Ils sont revenus leurs gibecières remplies de canards.

Un groupe de dames de St-Gérard a accepté l’invitation de monsieur le curé de participer au groupe fondateur de la bibliothèque.

Mlle Aurélie Proulx, institutrice de Weedon-Centre a réuni mesdames Joseph Latulippe, Louis Patry, Veuve Alfred Brière, Aldéa Magnan, Messieurs Damien Després, Jean-Louis Patry et Alfred Patry pour plusieurs parties de whist. Ils ont quitté l’école à une heure avancée de la nuit.

Le 14 juin a eu lieu une intéressante joute de balle au but entre le club Weedon et celui de Black Lake. Ce dernier a remporté la victoire 4 à 3. On souligne la bonne tenue et l’affabilité des membres du club visiteur.

Les abords des cours d’eau à St-Gérard sont des lieux de villégiature pour des gens de Sherbrooke : MM. et Mmes J. LeHurray, S.J. LeHuray, M. Spencer Le Huray, Miss J. Lehuray, Miss Olive et Blossom LeHuray, Miss. E. Dick, Miss a.-J. Dick, M. George Dick, Master Wilburn Lean, Miss Ladie Berthett.

On souligne dans la Tribune du mois d’août que l’endroit populaire et idéal par excellence de tous les beaux sites du lac Aylmer est sans contredit la Pointe de Chênes, désignée sous le nom de « Batoche ». Au-delà de 100 personnes y ont passé la semaine.

Au cours d’une fin de semaine du mois d’août, les grandes chaleurs ont attiré de nombreuses personnes pour aller prendre un peu de fraîcheur au bord de l’eau. M. et Mme Henry Proulx, Mme Isaac Magnan, Odélie Proulx, et ses gentilles fillettes, M. et Mme Jacob Dumas ainsi que Mlles Alexina Dumas et Aurélie Proulx se sont rendus au lac Louise. Un excellent dîner y a été servi en plus du poisson capturé par l’habile pêcheur Henri Proulx.

Monsieur P. Biron de Sherbrooke possède son chalet à la Pointe des Chênes au lac Aylmer à Batoche où lui et sa famille se retrouvent souvent en villégiature.

Décès, maladie et accidents

Monsieur Joseph Fontaine, âgé de 20 ans et fils aîné de Stanislas Fontaine, a trouvé la mort le 13 janvier en débutant sa journée de travail à la mine. C’est en voulant faire tomber un morceau de minerai peu solide qu’une quantité de matériel beaucoup plus grande a littéralement enseveli le jeune homme. François Laliberté, son compagnon de travail, n’a reçu heureusement qu’un coin de pierre à la tête. Il ne s’en tira qu’avec une légère blessure sur la tête ne nécessitant que quelques points de suture faits par le Dr Lemieux. Ce dernier a rendu le verdict de mort accidentelle en agissant comme coroner à la suite de cet accident.

Le 25 janvier, madame J. Gauthier, née Zédulée Ducharme est décédée laissant son époux et huit enfants en bas âge.

Dans Weedon-Centre, la maladie fait rage. Au cours du mois de janvier seulement, la paroisse a connu sept sépultures, quatre adultes et trois enfants, un fait rare dans notre coin. Pour toute l’année passée, un total de 40 sépultures a eu lieu.

À la fin de février, on déclare que madame Xavier Dufresne est dangereusement malade.
De même vers le 9 avril, monsieur Paul Galipeau est déclaré malade à son tour. Monsieur O. Bélanger se déclare gravement malade à la mi-avril. Un peu plus tard, on nous apprend la maladie grave de mesdames Théophile Champoux, Éli Tremblay et Mlle Marie Anne Lebrun.

Les draveurs doivent user d’une très grande prudence. Un affreux accident est survenu sur la rivière Legendre dans la région de Stornoway. Quatre draveurs ont perdu la vie lorsque des bâtons de dynamite ont sauté tout près d’eux. Alors que quelques-uns des travailleurs tentaient de briser la glace pour dégager le bois dans la rivière, d’autres tentaient de dégeler et faire sécher deux seaux de dynamite. Soudainement, les quatre-vingts bâtons de dynamite ont fait explosion. Deux des hommes ont été tués instantanément transformés en charpie et deux autres sont décédés après d’atroces souffrances. Les victimes travaillaient pour la Brompton Pulp and Paper Co. Elles étaient bien connues de la famille des draveurs. Ce sont Paul St-Louis de St-Sylvestre, Napoléon Thibault de Stratford, Omer Demers de St-Gilles, Adélard Carrier de St-Agapit. Seul ce dernier était marié depuis deux ans. Il n’avait pas d’enfant. Le coroner, monsieur le docteur Cyrénus Lemieux de Weedon est venu faire son enquête nécessaire.

Un affreux accident a eu lieu le 4 mai 1913 près de la localité de Weedon Station. Un jeune couple a perdu sa propriété au complet et pire encore, un petit enfant de 2 ans lors d’un incendie qui a détruit d’abord la grange que madame Lafond a tenté de combattre le feu. Puis, voyant que le feu s’était étendu à la maison, cette dernière a accouru pour sauver ses trois jeunes enfants qui s’y trouvaient. Après les avoir sortis de la maison en flammes, elle réussit à aller chercher des documents dans la maison. Oh! Malheur! Elle s’est aperçue que le plus jeune enfant était retourné dans la maison où elle ne pouvait plus entrer à cause des flammes. Monsieur Alfred Lafond avait vendu la ferme depuis un mois et le nouvel acquéreur était arrivé le matin même pour entrer en possession de sa nouvelle propriété. Les pertes ne sont couvertes par aucune assurance.

Madame Joseph Lussier, née Vertefeuille, est décédée à St-Gérard vers le 21 mai. Dans la première semaine de juillet, monsieur Onésime Lebrun père est décédé dans la même paroisse à l’âge de 82 ans après une longue et douloureuse maladie où la patience et la résignation ont été exemplaires. Il était un des vieux pionniers de notre municipalité.

On déclare que beaucoup de maladies sont déclarées dans un grand nombre de foyers de St-Adolphe. Un cas de diphtérie y a été découvert. Mlle Fortin a succombé à cette dernière maladie.
Monsieur Dan McLean a perdu la vie à la mine de cuivre de Weedon. Le coroner, le Dr Cyrénus Lemieux, a découvert que le malheureux avait pris place sur le monte-charge. Finalement, ça lui fut fatal puisqu’il alla donner de la tête sur le roc et le choc lui occasionna des blessures qui provoquèrent sa mort. Le verdict rendu a déterminé que l’action imprudente de la victime était en contravention avec toutes les règles établies par la compagnie.

Monsieur Siméon Brière de St-Gérard est déclaré dangereusement malade au cours du mois de décembre. C’est le 13 courant qu’il décède à l’âge de 71 ans après une longue maladie. Un hommage bien mérité a été prononcé à un des fondateurs de notre paroisse. Il était né à St-Pie de Bagot; est arrivé à cinq ans avec sa famille qui fut l’une des familles pionnières du Canton de Weedon.

Divers

Madame Anaïs et Wilfrid Galipeau ont raconté que monsieur Després, cultivateur et veuf, amenait la maîtresse d’école, Corinne Béland, à la messe à Fontainebleau. Le cheval a pris peur avant que le bac (traversier) atteigne la rive opposée. Il est tombé à l’eau avec la voiture et tout. M Després a réussi à se sauver en tenant les guides. La demoiselle Béland a été rescapée par de jeunes pêcheurs dont faisait partie un dénommé Bourque tandis que le grand chapeau de la maîtresse d’école a été repêché beaucoup plus loin. Vers les années 1913, c’était là où il fallait traverser la rivière aux Saumons qui tombait dans la rivière St-François.

Les familles nombreuses se poursuivent. Gilbert Roy et Eulalie Bédard qui demeuraient dans le Vieux Village depuis près de 25 ans sont devenus à nouveau grands-parents et parrain et marraine d’un premier enfant de leur fils Louis et de son épouse Marie Louise Bouchard. À leur tour, ils en auront cinq. Comme quoi, la vie ne s’arrête pas.

Au début du mois d’avril, messieurs Jos Gagné, P. Roy et J. Dolbec l’ont échappé belle. Ayant besoin d’un coffre d’outils qui se trouvait à la dynamo, ils s’y sont rendu en chaloupe sans prévoir la force du courant et la pesanteur de leur charge. Rendus à la partie démolie de la chaussée, ils ne purent combattre la force du courant. Celui-ci les fit tourbillonner en bas de la digue. Heureusement, ils ont pu s’accrocher à une immense roche où ils se sont accostés, transis de froid.

Monsieur Morissette, présent sur les lieux, est allé chercher des messieurs Gaudreau qui étaient dans le voisinage. Ceux-ci parvinrent, vers le soir, à rescaper les malheureux naufragés grâce à des câbles qu’ils se sont enroulés autour de la taille pour les sauver de la mort.

De nombreux visiteurs curieux sont venus examiner les lieux de ces incidents au cours de la journée qui a suivi.

Madame Joseph Guénette, épouse du Notaire, est venue d’Edmonton, Alberta en visite chez son père Siméon Brière.

Des juges ont accordé un prix spécial à Mlle Paula Péloquin de Weedon de 75 $ dans le cadre d’une publicité de M. Hurteau de Montréal.

Des statistiques ont été publiées dans un bimensuel des États-Unis au sujet des Canadiens-français émigrés aux États-Unis. Les dix villes les plus importantes au point de vue de la population canadienne-française sont :

1) Fall River, Mass. : 15 277
2) Manchester, N.H. : 13 720
3) Lowell, N.H. : 12 291
4) New Bedford, Mass. : 12 241
5) Woonsocket, R.I. : 9 728
6) Holyoke, Mass. : 8 035
7) Lawrence, Mass. : 7 698
8) Lewiston, Me : 6 610
9) Worcester, Mass. : 5 010
10) Nashua, N.H. : 4 830

Il faut noter que les Canadiens-français tendent à se fixer dans les centres manufacturiers; aussi six des villes comptant le plus grand nombre de Canadiens Français sont situées dans le Massachusetts; de plus, trois de ces villes sont dans le New Hampshire; et finalement, elles se trouvent toutes dans la Nouvelle-Angleterre.

Madame Anaïs et Wilfrid Galipeau ont raconté que monsieur Després, cultivateur et veuf amenait la maîtresse d’école, Corinne Béland, à la messe à Fontainebleau. Le cheval a pris peur avant que le bac (traversier) revienne, et est tombé à l’eau avec la voiture et tout. M Després a réussi à se sauver en tenant les guides. La demoiselle Béland a été rescapée par des jeunes pêcheurs dont faisait partie un jeune Bourque tandis que le grand chapeau de la maîtresse d’école a été repêché beaucoup plus loin. Vers les années 1913, c’était là où il fallait traverser la rivière aux Saumons qui tombait dans la rivière St-François.