Année 1917

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Année 1917 2018-03-30T16:30:46+00:00

La vie paroissiale

Pendant l’année 1916, 30 baptêmes, 27 sépultures et 18 mariages ont été enregistrés dans les registres paroissiaux de St-Gérard. Dans la paroisse St-Janvier de Weedon 80 baptêmes, 27 sépultures et 18 mariages ont été célébrés.

M. Eusèbe Côté a remplacé M. Louis Brunelle comme marguillier.

À la mi-avril a eu lieu la première communion de 36 enfants de la paroisse de Fontainebleau. On dit que M. Étienne Picard était le sacristain et que M. Napoléon Gagnon touchait l’orgue.

M. l’abbé L.P. Genest était vicaire à Weedon au cours de l’année 1917. À la mi-juillet, on annonçait malheureusement son départ pour cause de santé.

À la fin de juillet, une mauvaise surprise attend les paroissiens de la paroisse St-Janvier de Weedon. L’abbé J.A. Lefebvre, curé de Weedon depuis 1903, meurt subitement d’une syncope quelques minutes à la suite de son sermon à la messe. Il avait 67 ans. Les funérailles ont eu lieu le mercredi suivant.

Lors de la fête de saint Gérard le 15 octobre, les pèlerins sont venus de partout dans les Cantons de l’Est pour remercier et prier le saint. La compagnie Québec Central a vendu plus de 525 billets de Sherbrooke et St-Gérard. Des familles entières sont venues de Québec, de Thetford et même de Waterbury et Manchester aux États-Unis.

La vie municipale

M. Adolphe Tanguay a été élu maire de Weedon-Centre. MM. Ferdinand Fournier, Wilfrid Dumas, Donat Courchesne, J. Donat Lafond, Joseph Allard et Joseph Bernier ont été élus conseillers.

Dans le canton de Weedon, M. Louis Brunelle a été élu maire, alors que MM. Jérémie Fisette, Gédéon Grégoire, Magloire Deschamps, Alfred Desmarais, Henry Patry, Onésime Fontaine furent élus conseillers.

Dans St-Gérard, M. Ferdinand Fontaine a été élu maire alors que MM. H. Lussier, S. Gosselin, Saül Delude, Fred Saulniers et A. Fortin ont été élus conseillers.

À Gould, un candidat canadien-français s’est présenté comme candidat au conseil municipal. Tous les candidats de langue anglaise ont été élus.

La vie scolaire

Mlles Juliette Timmons et Leclerc sont des institutrices à Weedon. Elles ont passé leurs vacances dans leur village de Wickham.

Une demoiselle Fontaine est enseignante dans l’école de St-Gérard.

M. Albert Galipeau qui avait interrompu ses études au Séminaire de Sherbrooke pour cause de maladie est complètement rétabli.

Comme à toutes les fins d’année scolaire, les examens des classes ont été passés à l’école de St-Gérard.

Mlles Jeanne Després et Anna Giguère de l’école Normale de Nicolet et Juliette Tisdel et Albina Domon de l’école de St-Hyacinthe ont subi avec succès les examens pour l’obtention de leur brevet.

Les collégiens de Québec, Sherbrooke ainsi que les étudiants de Nicolet, St-Hyacinthe et Stanstead reviennent dans leur patelin pendant les vacances d’été.

M. le vicaire accompagné d’un commissaire Patry ont fait passé les examens de l’école no 3 tenue par Mlle Boivin. MM. J.L. Bourgault et Donat Lafond ont accompagné MM le curé et le vicaire au couvent de Weedon. Ils ont remis les récompenses que les élèves de l’institution ont méritées.

Le révérend Frère Misaël Jérémie des Écoles Chrétiennes a été reçu par son père, M. E. St-Denis.

Mlle Angéline Delude a quitté Weedon pour aller revêtir chez les Sœurs de la Providence l’humble livrée du Christ. Elle avait obtenu son brevet d’enseignement chez les religieuses de la Présentation de Marie à St-Hyacinthe, puis elle a enseigné dans notre paroisse pendant deux années de dévouement.

Le monde des affaires

Une équipe d’ouvriers de la Cie Q. C. Railway sont en train de monter une table tournante près de la station qui deviendra un point terminal ou de division pour les courriers et les marchandises dans un avenir plus ou moins proche.

Le 30 janvier 1917, il est écrit que l’on semble favorable à l’achat du pouvoir électrique Two Miles Falls. La St-Francis Co s’engage à utiliser et acheter 1 000 chevaux-vapeurs pour 3 ans et que les 2 800 autres seront vendus en ville. Le besoin des manufactures est très grand. Des rapports se disent positifs face à ce projet. Les différents échevins font connaître leur adhésion à ce projet : l’échevin Parkes, M. Brault, l’ex-échevin Jenckes, l’ex-échevin Denault, M. Ch. F. Olivier, M. D.J. Steele, président du Board of Trades, M. J.A. McKee; M. J.O.C. Mignault et l’avocat Nicol ont changé d’opinion depuis leur lecture du rapport.

Une lettre de M. F.N. McCrea parue dans La Tribune décrit l’étude des ingénieurs. Il avoue que la Commission des Eaux Courantes de Québec fera payer pour les travaux actuellement en cours à la sortie du lac St-François, travaux qui permettront aux barrages situés en aval d’augmenter la production des barrages. Donc, l’augmentation de cette production de chevaux-vapeur du barrage Two Miles Falls occasionnera des frais au nouveau propriétaire. M. McCrea entrevoit des coûts énormes si la production actuelle du barrage augmente de 3 500 chevaux-vapeurs à 10 800 provenant de l’emmagasinement au lac Aylmer et St-François. Il fait connaître un autre élément du rapport des ingénieurs qui affirme que la construction du barrage à 27 pieds refoulera les eaux non pas sur 4 milles, mais sur 6 milles et que les eaux refouleront jusque dans la rivière Saumon. Il ajoute que les ingénieurs ne dévoilent pas les effets sur la même rivière si le barrage était deux pieds plus élevé. Il dévoile aussi que les ingénieurs prévoyaient la nécessité de conduire l’eau de la rivière St-François sur près de 3 300 pieds dans des tuyaux hydrauliques de 9 pieds de diamètre, soit une diversion de la rivière. Ces travaux étaient estimés à 214 000 $ en plus des  375 000 $pour l’achat du barrage lui-même. Les ingénieurs n’ont pas fait connaître le problème de la conduite du bois flottant en passant par ces tuyaux ou sur les eaux de la rivière alors qu’il faut ouvrir les écluses pour les faire circuler et ainsi diminuer le pouvoir électrique annoncé. M. McCrea ne croit nullement en la promesse des 10 700 chevaux-vapeur promis dans un certain avenir.

Il situe exactement ce pouvoir électrique sur la rivière St-François dans le comté de Wolfe, canton de Weedon, rang III entre les lots 11 et 3. Il possède une chute totale de 33 pieds sur une distance de 2 ½ milles. Il est la propriété de Two Miles Falls Water Power Co.

À une réunion subséquente, il est résolu de payé 375 000 $ pour le pouvoir et que le paiement de cette somme serait fait en débentures de dix ans à cinq pour cent de la ville de Sherbrooke.

Plusieurs articles sont parus dans le journal La Tribune dès janvier 1917, puis d’autres en février et mars de la même année. Ils étaient écrits par M. F.N. McCrea, de M. J. Nicol et de M. Armand Crépeau. La lecture de ces textes nous fait voir la mésentente et les différentes opinions sur le projet de l’achat de la Two Miles Falls par la cité de Sherbrooke.

Mlle Antoinette Tanguay, fille d’Adolphe, est entrée à l’emploi de la Banque de Commerce, succursale de Weedon.

M. Albert Gagnon a acquis l’ancienne ferme de son père Léandre, occupée depuis quelque temps par M L.N. Leblanc.

M. Aurèle Desjardins, fils d’Honoré Desjardins, pratiquait le métier de télégraphe à Percy N.H. Honoré était cordonnier à Weedon.

Une partie de la route nationale entre Sherbrooke et la Beauce a été gravelée. En effet entre Garthby et Weedon cette route a grandement été améliorée.

À Fontainebleau, Mme Georges Duquet d’East Angus a ouvert un salon de mode dans le magasin d’Elzéar Després.

Au cours de l’année 1917, plusieurs mineurs travaillaient dans la mine de Capelton près de Sherbrooke, dont M. F. Gagné originaire de Weedon et M. Hector Lussier.

À St-Gérard, M. Edmond Morin a déménagé une maison que M. F. Lapointe a acquise de la Cie Brompton pour remplacer l’hôtel incendié en décembre 1916.

M. Armand Trottier de St-Gérard a fait l’acquisition d’une auto. M. Romulus Fontaine est de retour de Manchester où il a séjourné pendant quelques mois.

M. J. Nadeau était orfèvre à Weedon alors que Mme E. Beaulac était modiste.

Quatorze nouveaux actionnaires sont entrés dans la Cie de Téléphone de St-Gérard à la fin du mois d’avril. Au début de juillet, le président de la Cie de Téléphone a convoqué les représentants des compagnies de tout le comté de Wolfe comprenant celles de Weedon, Stratford et St-Gérard.

M. D. Bourassa était employé à la Banque de Commerce à Weedon.

Un avis de faillite a paru dans le journal au sujet de M. Elzéar Després, marchand général de Fontainebleau. La cour le déclare insolvable.

M. Arthur Magnan est de retour d’Holyoke Massachusetts où il a passé plusieurs mois.

M. Alfred Gosselin, propriétaire d’une entreprise de pulpe et papier à Daaquam en Bellechasse vient à St-Gérard à la recherche de travailleurs pour son usine.

M. Donat Lafond a été identifié comme étant un marchand de Weedon.

Plusieurs résidents de Weedon sont partis pour l’aide à la récolte dans l’Ouest canadien. Ce sont MM. Horace Galipeau, Joseph Biron, Jos. Fontaine, Joseph Magnan, Napoléon Fontaine, Jos. Brien, Philippe Giguère, A. Desmarais, Jos. Surprenant et Ulric Delude.

La vie communautaire

M. et Mme D. Provencher ont quitté la région pour aller s’établir à Manchester.

M. Delude est de retour dans sa famille après avoir passé quelque temps dans l’Ouest canadien. Le révérend père Giroux, O.M.I., anciennement missionnaire dans l’Ouest canadien, a donné une intéressante causerie lors de la messe du dimanche sur les mœurs des sauvages, leur civilisation et la colonisation de l’ouest spécialement l’Alberta. Il a comme mission d’attirer de nombreuses colonisations catholiques vers ces régions ouvertes à la colonisation. On ajoute qu’un bon nombre de concitoyens y sont déjà partis. Le rêve de l’Ouest canadien.

À la mi-janvier, une assemblée du Cercle agricole de la paroisse de Weedon a eu lieu dans le sous-sol de l’église afin de procéder à l’élection des officiers. Ainsi fut nommé président monsieur F.L. Baillargeon; vice-président, Louis Brisson; trésorier, L. Damien Després; les directeurs, MM. Philippe Patry, Joseph Vallières, Achille Després, Pierre Fortin et Paul Fortin.

Le Cercle agricole, fondé il y a 30 ans, compte 160 membres et agit sur l’amélioration de la culture et de l’élevage. Il a permis d’augmenter le nombre des animaux de race et ainsi d’améliorer les troupeaux de nos cantons. Il a décidé de donner des prix de valeur plus élevée pour les succès à venir dans la culture de la pomme de terre, des légumes et de l’avoine.

Le lundi 14 mai 1917 à Fontainebleau avait lieu le mariage de M. Donat Lussier, fils de Prosper, et de Rose Picard. Ils auront comme fils notre renommé Doris Lussier. Ils sont partis en voyage de noces à Stratford, Massachusetts.

Les sports et activités culturelles

Le petit club des raquetteurs a profité de la belle température du début de février pour réaliser leur activité journalière.

C’est le soir du mardi gras. Une partie de cartes aura lieu à la salle Péloquin au profit de l’église. Les préparatifs promettent. Les cadeaux sont exposés dans la vitrine du magasin Laplante.

À St-Gérard, une belle réunion a eu lieu à l’occasion de Pâques a été organisée par Mlles Emma et Estelle Tremblay. Plusieurs parties de cartes furent jouées avec entrain après quoi de nombreux prix très variés ont été remis aux gagnants. Par la suite, de beaux morceaux de violon furent exécutés par M. Ferdinand Fortin et de plusieurs chansons par Albert Desjardins, Léon et Ovila Lussier, Mlles Lydia Lebrun et Rosette Morin. Le tout se termina par un petit goûter et des remerciements adressés aux demoiselles Tremblay.

Comme tous les printemps, les gens se donnent à cœur joie en allant à la cabane à sucre manger du bon sucre et de la tire.

Lors d’une fête à l’école des religieuses de la présentation de Marie, une fanfare y participait. « Aux voix des jeunes filles, succéda le bruit de la fanfare puis la marche cadencée de Zouaves du Sacré-Cœur divisés en trois bataillons. »

Dans le journal, on nous raconte que vers le 1er août 1917 a eu lieu l’enterrement de vie de garçon de M. Josaphat Goulet. C’était un événement où la tristesse n’avait pas sa place. Le nombre de participants témoignait de la popularité de ce futur marié.

Les services de santé

À la fin de mars, la population de Weedon salue l’arrivée du nouveau médecin le Docteur J.A. Marcotte qui vient s’établir chez nous. À la fin du mois de juin, une annonce paraît dans le journal La Tribune. Docteur en médecine et maître en chirurgie, spécialiste pour les maladies des femmes et des enfants, il s’occupera aussi de médecine générale dans son bureau et résidence située près de la gare. On peut le rejoindre au téléphone, au numéro 2-L.

Le Docteur Lambert pratiquait la médecine à Bishop’ s Crossing.

Suite à une nouvelle fausse parue dans le journal, il a été confirmé que M. Norbert Rondeau ainsi que Théophile son fils et sa fille Aurore souffrent d’empoisonnement causé par l’eau infecte. Ils ne sont pas malades des fièvres jaunes comme il a été écrit par erreur.

Décès, accidents et maladie

M. Zoël Desmarais a dû être hospitalisé à Sherbrooke au début de janvier 1917.

Mme Charles Tanguay, née Zéphirine Parizeau, souffre d’une inflammation de poumons. Son état est grave. Sr St-Bernard de la présentation de Marie et sa sœur Mme Marc Lemieux sont venues chez leur père. Moins de deux semaines après, elle est décédée à l’âge de 82 ans. Elle laisse son époux et huit enfants : N.P. Tanguay, député pour le comté de Wolfe; Mgr E.C. Tanguay, procureur du séminaire; Adolphe Tanguay, commerçant de Weedon; Antonio Tanguay, commerçant à Craig, Saskatchewan; Édouard Tanguay, commerçant de Wainwright, Alberta; sœur St-Bernard, religieuse de la Présentation de Marie de St-Hyacinthe; Anna Tanguay, épouse de J.M. Lemieux comptable de Montréal et Régina Tanguay, épouse de J.L. Bourgault, marchand-tailleur de Weedon.

D’imposantes funérailles ont eu lieu à Weedon et furent chantées par Mgr E.C. Tanguay, fils de la défunte. De nombreux prêtres venus de toute la région et même du Québec y ont assisté.

Mme J-Bte Caron, née Agnès Roy, est décédée à l’âge de 78 ans, un mois après avoir perdu son mari et s’être installée à Lingwick chez son fils.

Mlle Anna Fontaine se fait horriblement brûler alors qu’elle est changée en torche humaine en s’approchant trop près des flammes du poêle. Âgée de 14 ans et fille de Stanislas Fontaine, elle voulait remettre le rond de poêle en place. Se voyant enflammée, elle se précipita hors de la maison et se roula dans la neige. Sa mère l’enveloppa dans un tapis. Ce fut trop peu, son corps était au deux tiers horriblement atteint par les flammes.

Plusieurs semaines ont passé depuis cet accident, Mlle Anna Fontaine est restée dans une extrême faiblesse. Le médecin ne désespère pas pour sa guérison. Mais, sa convalescence sera très longue.

M. Georges Tremblay entrepreneur pour la Cie Brompton Pulp and Paper est décédé dans un camp au loin après trois jours de maladie. Il a succombé à une pneumonie.

Il nous fait de la peine d’annoncer la grave maladie de Georges Tremblay.

Monsieur Joseph Tétreault de Weedon qui avait subi un accident au mois d’octobre passé alors qu’il travaillait pour la Weedon Mining Co, a reçu une compensation des employeurs. Il avait intenté une poursuite à la suite de la perte de son œil droit et partiellement de son œil gauche. De plus, il avait perdu la mémoire. Les deux partis sont venus à un arrangement.

M. Michel Côté de Weedon est décédé à la fin de janvier 1917 à l’âge de 75 ans. Il laisse pour chérir sa mémoire, son épouse Joséphine Magnan, sept fils : Wilfrid, de Sherbrooke, Paul de Plainsfield, Antoine, Ferdinand, Victor, Joseph et Louis du Témiscamingue; ses trois filles : Mme Wilfrid Grenier de Baltic, Mme Rémi Gilbert de Clermont et Alphonse Côté de Lingwick.

M. Joseph Magnan, fils a dû arrêter ses travaux dans le bois lorsqu’il a reçu des fragments de glace à l’œil droit qui l’ont blessé.

M. Orange Slack, l’un des contremaîtres de la mine de Fontainebleau, est en pleine convalescence à la suite des graves blessures reçues lors d’un éboulis survenue au commencement de janvier. À la mi-mars, il se déclare complètement rétabli de ses blessures.

Mlle Marie Magnan, minée par la tuberculose depuis plusieurs années, est décédée à Weedon Station. Elle était la sœur jumelle de Joseph Magnan.

M. Télesphore Fortin de Weedon Station est décédé à l’âge de 43 ans laissant son épouse Paméla Côté.

La famille Henri Proulx est éprouvée par le décès du Révérend Frère Philippe-Louis de la communauté des Frères Maristes de St-Hyacinthe, fils de notre paroisse.

M. Vital Veilleux, citoyen de Weedon, a succombé à une syncope à l’âge avancé de 72 ans. Docteur J.P.C. Lemieux a rendu le verdict.

Mlle Lucienne Lemay, fille de Norbert, est décédée à 18 ans. Elle laisse pour la pleurer sa mère et ses deux frères, Omer qui est actuellement au front en Europe et Arthur.

Joseph Bélanger, fils d’Olivier Bélanger de Weedon Station âgé de seulement 15 ans, a été victime d’un douloureux accident alors qu’il travaillait au moulin Tanguay. Suite à un faux mouvement, une machine lui écrasa trois doigts de la main droite.

À Fontainebleau a eu lieu les funérailles de M. Zéphyrin Blanchard. Il laisse cinq fils, Georges, Zéphyrin fils, Adolphe, Albert et Arthur, et deux filles, madame Évariste Laliberté et une religieuse dans l’Oregon.

Madame Henri Desmarais décède en juin 1917 à l’âge de 31 ans, laissant son époux, ses quatre enfants et ses parents M. et Mme Magloire Deschamps. Un long défilé de plus de 40 voitures suivait la dépouille mortelle.

M. Wilfrid Rivard s’est fracturé un bras en travaillant à la manufacture de boîtes de fromage de M. Tanguay.

C’est le 13 juin 1917 que le journal La Tribune écrivait que le Soldat Magnan de Weedon a été tué. Le département de la milice vient d’apprendre cette triste nouvelle à madame veuve Magloire Magnan. Ce département venait de prévenir madame Magnan du décès au champ d’honneur d’un de nos braves soldats militaires du 14e régiment. La mort d’Adélard Magnan est présumée être arrivée le ou depuis le 26 septembre 1916.

À la fin du mois d’août, une dépêche vient d’Ottawa à dame Alfred Gosselin lui apprenant que son fils Henri Gosselin a été gravement blessé au front dans le 22e régiment en Europe.

À la fin du mois de juin à Weedon Station, Mmes Gédéon Grégoire et F.X. Baillargeon sont décédées. La première laisse pour la pleurer son époux et sept enfants. Mme F.X. Baillargeon, septuagénaire, laisse plusieurs enfants en ce bas monde.

Madame Joseph Latulipe, née Aurélie Galipeau, est décédée à l’âge de 83 ans. La défunte comptait plusieurs parents à Weedon.

Une autre famille fut touchée par un décès. Mme Vital Veilleux, née Émélie Longval, est décédée à son tour à la fin du mois de juin, quelques semaines après le décès de son époux.

Le sergent-major Philémon Tanguay a été blessé gravement. Il était au front depuis plus de deux ans. Il serait de retour au pays. Il faisait partie du célèbre 22e régiment. À la mi-août quelques semaines après cette annonce, un article contredit cette nouvelle et déclare qu’il continue à chauffer le « coco » des boches… Le 31 août, il est écrit que le soldat Tanguay a été trouvé mort au champ de bataille le 25 août dernier. C’est la triste nouvelle que son père Philias vient de recevoir à St-Gérard. Au cours de la même semaine, M. Alfred Gosselin a appris que son fils Henri Gosselin, soldat du 22e régiment, a été gravement blessé à son tour.

Le 12 septembre, un épouvantable accident de chasse a eu lieu dans le rang IV de Weedon. En effet, monsieur Carl Willard de Marbleton était à chasser en compagnie de messieurs Omer Fontaine et Côté de Weedon sur la propriété voisine de Flavien Fontaine. Ce dernier accompagnait Jos Deschamps dans une excursion de chasse. Carl Willard fit feu en entendant le bruissement tout près de lui. Il entendait un cri de plaintes et de gémissements l’avertissant de son malencontreux geste. Il découvrit le corps inanimé de monsieur Flavien Fontaine et monsieur Deschamps étendu sur le sol. Les corps du blessé et de l’homme abattu furent transportés au village. L’état de monsieur Deschamps faisait craindre le pire. Le coroner et docteur Lemieux a déclaré que la mort du dit Flavien Fontaine a été accidentelle. Il a demandé aux autorités d’exercer une surveillance plus étroite sur les chasseurs qui se servent de lumières à réflecteurs. Le défunt laisse son épouse dame Célina Gagnon et onze enfants.

Malgré le fait que, dans les jours suivants, monsieur Deschamps ait pris du mieux, cet homme âgé de 29 ans est décédé des suites de cet accident de chasse. À son tour, il laisse son épouse Albina Pépin et trois jeunes enfants pour le pleurer ainsi que ses parents, trois frères et cinq sœurs.

Mlle Éva Bazinet, jeune écolière est décédée à la demeure de ses parents. Elle était la fille de M. et Mme Joseph Bazinet.

Monsieur Wilfrid Courchesne travaillait à la « shed » à minerai lorsqu’un câble qui soutenait un panier rempli s’est brisé, laissant déverser son contenu qui, à son tour, projeta ce travailleur au fond des profondeurs. Un compagnon est venu à son secours. Ce dernier a subi de graves contusions à la tête.

À St-Gérard, monsieur Richard Giguère a été chanceux dans sa malchance alors qu’il est tombé entre les chevaux et l’une des roues de sa voiture chargée de bois de pulpe. Cette roue lui a passé sur le corps sur les bras et les épaules. Le médecin et le prêtre demandés sur les lieux ont constaté que le malheureux n’avait aucune fracture alors qu’il devait endurer de grandes souffrances.

Au début de décembre, dame Adéline Lussier épouse d’Étienne Fortin est décédée à 85 ans. Cette vénérable anciennes paroissiennes laisse son époux après 64 ans de vie commune. Pour la pleurer, elle laisse 4 enfants dame Élise Fortin, Herménise Fortin, ses fils Pierre de Weedon et B. Fortin de Montréal en plus de 32 petits-enfants et 39 arrière-petits-enfants.

Faits divers

Messieurs David Duchesneau et J.A. Nadeau ont été condamnés à 50 $ et aux frais ou à 3 mois de prison pour vente illégale de boisson.

L’incendie de l’hôtel Lapointe, anciennement Beaupré, a été causé par une défectuosité de la cheminée. Malgré le travail des pompiers improvisés avertis par Mlle M.A. Gagné du téléphone local, l’édifice fut détruit de fond en comble. Le feu avait pris naissance au-dessus des appartements de Mlle Étilda Morin qui a donné l’alarme.

En peu de temps, un grand nombre d’hommes étaient sur les lieux. Ils ne purent sauver qu’une partie du mobilier. Les pertes s’élèvent à environ 7 000 $ alors que les assurances étaient peu élevées. M. et Mme Ferdinand Lapointe perdent presque la totalité de leur avoir. Mme Hormisdas Lussier était allée prévenir tous les gens du village qui n’avaient pas de téléphone.

La maison voisine qu’occupait M. Eugène Côté a été entièrement détruite et réduite en cendres. Par contre, tout leur ménage fut sauvé sauf la bâtisse.

M. et Mme Albert Lagacé anciennement d’ici sont revenus de Gravelbourg, Saskatchewan.

Le 20 février 1917, quatre personnes ont échappé belle à un empoisonnement. Mme Euclide Champoux avait servi de la viande à sa famille au déjeuner. À son retour de la messe, elle trouva quatre membres de sa famille se tordant dans d’affreuses douleurs. Après une demande auprès du médecin, auprès du prêtre puis d’un Esculape de circonstances, il fut conclu que ces victimes pouvaient s’en tirer tout en ayant passé près de la mort.

Un début d’incendie a eu lieu chez Jean Cloutier au début du mois de mars dans Weedon Station. Les flammes furent découvertes à temps tellement qu’il n’y eut que peu de dégâts. Les pertes montent à près de 200 $.

M. Philias Tanguay a reçu une lettre de son fils le sergent-major, Philémon Tanguay, en service actif dans le célèbre 22e régiment, lui apprenant la nouvelle qu’il a été décoré de la médaille de bronze après une quatrième recommandation.

Louis Côté, fils de Louis Côté père, est parti pour Val-Cartier en préparation pour s’enrôler et partir en Europe. Dans le journal du 15 juin 1917, le journal donne la liste des 91 étudiants du Séminaire St-Charles qui se sont enrôlés pour aller à la guerre.

Au début de juillet, la grange de monsieur William Dubois située dans le rang 10 de Lac Weedon a été complètement détruite par le feu. L’utilisation d’allumettes serait la cause de l’incendie.

À Weedon Station, le jeune Lionel Moreau l’a échappé belle. Il a failli se noyer dans le ruisseau Weedon voisin de sa demeure. C’est à la suite des jeux avec deux autres enfants que ce jeune pêcheur s’est vu poussé accidentellement dans l’eau. Sa mère, avertie par les cris des enfants, a réussi le sauvetage de son enfant.

L’eau de la rivière a monté exceptionnellement très haut au cours de la 3e semaine de juin. Elle dépassait de 18 à 20 pouces le tablier du pont qui la traverse, chose qui n’avait jamais été vue auparavant. C’est le 23 juin que La tribune avertit des dangers suite à cette crue des eaux. On craignait que celle-ci emporte une partie du barrage qui est assis sur le pont. Celui-ci fut temporairement fermé à la circulation qui mène à Stratford. Un gardien veille sur les lieux jour et nuit craignant que l’écoulement des eaux du lac Aylmer, long de 15 milles, fasse de grands dégâts et de nombreuses pertes de vie. Le correspondant de St-Gérard compare cette situation à la catastrophe de Johnstown en Pennsylvanie en 1890 causée par le bris de la digue d’un réservoir moindre que le lac Aylmer. Il rappelle l’ampleur des dégâts subis dans la région et des 16 000 victimes qui y ont perdu la vie.